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Addis-Abeba : lancement de l’Africa Infrastructure Financing Facility pour accélérer le financement des infrastructures

Légende : Le président du Ghana, S.E. John Dramani Mahama (5e à gauche), observe tandis que M. Samaila Zubairu, président-directeur général d’Africa Finance Corporation et président sortant de l’AAMFI (assis, à gauche), et S.E. Mme Francisca Tatchouop Belobe, commissaire au Développement économique, au Commerce, au Tourisme, à l’Industrie et aux Mines à la Commission de…

Légende : Le président du Ghana, S.E. John Dramani Mahama (5e à gauche), observe tandis que M. Samaila Zubairu, président-directeur général d’Africa Finance Corporation et président sortant de l’AAMFI (assis, à gauche), et S.E. Mme Francisca Tatchouop Belobe, commissaire au Développement économique, au Commerce, au Tourisme, à l’Industrie et aux Mines à la Commission de l’Union africaine (assise, à droite), signent l’accord portant création de l’AIFF.

Addis-Abeba, 25 février 2026 – Les chefs d’État et de gouvernement africains ont officiellement lancé, le 14 février 2025, l’Africa Infrastructure Financing Facility (AIFF), une plateforme coordonnée et pilotée par l’Afrique destinée à accélérer la préparation et la facilitation du financement des projets d’infrastructures transfrontaliers prioritaires alignés sur l’Agenda 2063.

Le lancement est intervenu lors du troisième Dialogue présidentiel de haut niveau de l’Alliance of African Multilateral Financial Institutions (AAMFI), tenu en marge du 39e Sommet de l’Union africaine sous le thème : « Renforcer l’architecture financière africaine pour financer l’Agenda 2063 ».

Placée sous le patronage du président ghanéen John Dramani Mahama, champion de l’Union africaine pour les institutions financières continentales, la rencontre a mis l’accent sur la nécessité de traduire la souveraineté financière du continent en mécanismes opérationnels capables de mobiliser des capitaux de long terme à grande échelle.

Les dirigeants ont souligné que la mise en œuvre de l’Agenda 2063 reste confrontée à des contraintes structurelles : fragmentation des marchés de capitaux, coût du capital élevé, accès limité aux financements de long terme et dépendance persistante vis-à-vis de systèmes financiers extérieurs. Selon John Dramani Mahama, l’Afrique dispose pourtant de plus de 2 500 milliards de dollars de capitaux domestiques ; l’enjeu réside dans leur orientation stratégique vers les infrastructures, l’industrialisation et la création d’emplois, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine.

Au nom de la Commission de l’Union africaine, la commissaire au Développement économique, au Commerce, au Tourisme, à l’Industrie et aux Mines, Francisca Tatchouop Belobe, a estimé que l’AIFF contribuera à réduire le déficit annuel de financement des infrastructures, évalué à environ 221 milliards de dollars sur la période 2023-2030.

Samaila Zubairu, président-directeur général d’Africa Finance Corporation et président sortant de l’AAMFI, a rappelé que l’Alliance regroupe douze institutions représentant plus de 70 milliards de dollars d’actifs cumulés. Il a insisté sur la nécessité d’une mobilisation coordonnée des bilans africains pour combler les déficits de financement du commerce, de l’investissement et du développement.

De son côté, George Elombi, président d’Afreximbank, a indiqué que l’AIFF vise à combler le décalage entre l’approbation politique des projets d’infrastructures et leur exécution financière, souvent entravée par une préparation insuffisante, une structuration inadéquate ou un manque d’alignement avec les exigences des investisseurs de long terme. Corneille Karekezi, directeur général d’Africa Reinsurance Corporation et nouveau président de l’AAMFI, a plaidé pour un partage stratégique des risques et une mobilisation accrue des capitaux domestiques et privés.

L’AIFF, instituée dans le cadre d’un accord de coopération entre AUDA-NEPAD et l’AAMFI, constitue un mécanisme structuré de coordination visant à accélérer la préparation des projets et à faciliter des engagements indicatifs, non contraignants, sur leur financement.

Le Dialogue s’est également conclu par le dépôt, par la République du Cameroun, de l’instrument de ratification du Protocole et des Statuts du Fonds monétaire africain, marquant une étape supplémentaire vers l’opérationnalisation des institutions financières de l’Union africaine destinées à promouvoir la stabilité macroéconomique et la coopération monétaire sur le continent.

À propos de l’AAMFI

L’Alliance of African Multilateral Financial Institutions, lancée en février 2024 en collaboration avec la Commission de l’Union africaine, regroupe douze institutions financières multilatérales africaines représentant un total de plus de 70 milliards de dollars d’actifs. Elle vise à renforcer la coordination, l’action collective et le plaidoyer commun pour mobiliser les capitaux africains au service du développement durable et de l’intégration régionale, conformément à l’Agenda 2063.

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