Au Bénin, le Fonds d’investissement et de garantie des petites et moyennes entreprises (FIGPME), un établissement financier à caractère bancaire par décret en juillet 2024, « a obtenu l’agrément de la Banque centrale » et sera « opérationnel très bientôt, a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances , Aristide Médenou, ce lundi 26 octobre à Cotonou, en marge du Capital Reach Forum. Une avancée attendue pour le financement des petites et moyennes entreprises, fil conducteur de cette première édition organisée par la SGI-AGI autour du thème « Finance africaine de proximité : rendre le marché plus accessible, plus utile et plus transactionnel ».
Avec une dotation initiale de 5 milliards de FCFA, le fonds est conçu comme un établissement financier à caractère bancaire destiné à faciliter l’accès au crédit des PME et à garantir leurs prêts. Son agrément par la BCEAO lui offre désormais le cadre réglementaire nécessaire pour démarrer ses opérations de garantie, dans un pays où l’accès au financement demeure l’un des premiers obstacles à la croissance des petites structures.
L’annonce s’inscrit dans la stratégie exposée par le ministre devant les décideurs de la finance africaine. Il a déroulé trois convictions, qui guident aussi l’action du gouvernement. D’abord, « le financement commence chez soi » : entre 2016 et 2025, les ressources intérieures du Bénin sont passées de 9 % à 14 % du PIB, soit une progression moyenne d’un demi-point de PIB par an. Ensuite, la diversification des sources et des instruments : après la première obligation SDG émise en 2021, adossée aux objectifs de développement durable, le pays a levé en janvier « le tout premier sukuk international d’Afrique », à sept ans. Enfin, « passer d’une coopération de guichets à une coopération de leviers ». Car dit-il, en mobilisant les garanties partielles de la Banque africaine de développement et de la Banque mondiale, l’État entend démultiplier les ressources de marché — « un franc de la coopération utilisé pour lever trois francs du marché », notamment au profit de projets portés par des femmes.
Le ministre a toutefois reconnu qu’il restait « du progrès à faire » pour rendre le marché plus accessible, plus utile et plus transactionnel, avant de déclarer ouverts les travaux du forum. Pour les organisateurs, le rendez-vous de Cotonou doit transformer l’épargne en investissements et rapprocher les capitaux des entreprises.
L’entrée en service du fonds agréé par la BCEAO s’annonce comme un test concret de cette ambition pour les PME béninoises.



