Au terme de l’exercice 2025, les emplois des Institutions de Microfinance (IMF) de grande taille de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) relevant de l’article 70 de la loi 2025-04 portant réglementation de la microfinance (niveau d’activité atteignant un seuil de 2 milliards de FCFA d’encours de dépôts et de crédits) ont enregistré une hausse de 5,1% par rapport à celui de 2024, selon le rapport annuel 2025 de la Commission Bancaire, l’organe de supervision des banques, établissements financiers et IMF basé à Abidjan.
Ces emplois, constitués des crédits (crédits à court, moyen et long termes, opérations de crédit-bail) et des autres emplois (titres de placement, immobilisations financières, autres immobilisations et divers), sont ressortis à 3 033,7 milliards de FCFA (5,460 milliards de dollars) à fin 2025 contre 2813,1 milliards de FCFA (5,063 milliards de dollars) en 2024. Selon la Commission Bancaire « les crédits à la clientèle en représentent 83,5%, contre 83,7% un an plus tôt. »
Quant aux immobilisations financières, elles concentrent 2,6% des emplois en 2025 contre 2,3% un an auparavant. Les autres emplois (titres de placement, autres immobilisations et divers emplois) sont ressortis à 13,9% contre 14,0% en 2024.
Le rapport de la Commission Bancaire indique que les crédits à la clientèle se sont consolidés de 4,8%, en rythme annuel, pour s’établir à 2 532,3 milliards de FCFA à fin 2025 contre 2 416,1 milliards de FCFA en 2024. Ils sont composés des crédits à court terme, des crédits à moyen terme, des crédits à long terme, des créances en souffrance et des opérations de crédit-bail. Les crédits à court terme, chiffrés à 1 079,2 milliards (42,6% du total des crédits), ont enregistré une baisse annuelle de 3,9%. Ceux à moyen terme, représentant 37,5% de l’encours global des crédits, s’élèvent à 950,1 milliards à fin 2025, en progression de 16,5% d’une année à l’autre. Quant aux crédits à long terme, ils se sont élevés à 394,7 milliards à fin 2025, soit 15,6% de l’ensemble des crédits. Ils se sont accrus de 9,4% en rythme annuel.
Les titres de placement sont évalués à 63,4 milliards de FCFA durant la période sous revue contre 38,3 milliards de FCFA en 2024, en hausse de 65,7%. Les immobilisations financières ont également augmenté de 20,4% sur une année, pour ressortir à 79,3 milliards de FCFA en 2025 contre 65,9 milliards de FCFA en 2024. Les autres immobilisations se sont accrues de 5,2%, en glissement annuel, pour se situer à 191,5 milliards en 2025 contre 182,0 milliards un an auparavant. En ce qui les concerne, les divers emplois (créances rattachées, comptes de stocks, débiteurs divers, comptes d’ordre et divers, etc.) ont vu leur valeur diminuer de 9,0% en 2025, en se chiffrant à 167,2 milliards de FCFA contre 183,7 milliards de FCFA en 2024.
Quid de la qualité du portefeuille ? A ce niveau, les données de la Commission Bancaire indiquent que l’encours des créances en souffrance brutes des IMF de grande taille a diminué de 7,5%, en variation annuelle, pour se fixer à 141,4 milliards à fin 2025 contre 147,5 milliards un an plus tôt. Les créances en souffrance nettes, établies à 108,0 milliards de FCFA contre 116,8 milliards de FCFA un an plus tôt, enregistrent une baisse de 7,5%.
Le taux de provisionnement des créances en souffrance s’est légèrement amélioré en ressortant à 23,6%, contre 20,8% au terme de l’exercice 2024. Les taux brut et net de dégradation du portefeuille se sont établis respectivement à 5,5% et 4,3% à fin 2025 contre 6,0% et 4,8% en 2024.
« Par pays, signale la Commission Bancaire, les IMF de grande taille du Togo affichent une plus forte dégradation de leur portefeuille de crédit (8,8%), suivies de celles du Niger (6,8%), du Burkina (6,4%), de la Côte d’Ivoire (6,3%) et du Mali (6,2%). » Le Bénin et le Sénégal présentent respectivement des taux de 5,3% et 3,0%.




