La Banque du Botswana a maintenu son taux directeur à 5,5 %, le 27 août 2026, pour la deuxième réunion consécutive. Cette décision traduit la prudence des autorités monétaires, qui souhaitent mesurer davantage les effets de la hausse des prix des carburants et des tarifs de l’électricité sur l’économie, alors que l’inflation reste nettement supérieure à la cible officielle.
L’inflation annuelle a ralenti à 9,4 % en juillet 2026, contre 10,7 % en juin. Elle demeure néanmoins au-dessus de la fourchette cible de 3 % à 6 % fixée par la Banque centrale. Son gouverneur, Lesego Moseki, estime que le retour dans cette zone ne devrait pas intervenir avant le premier trimestre 2027, maintenant ainsi la pression sur la politique monétaire.
Cette situation intervient dans un contexte économique encore fragile, marqué notamment par les difficultés persistantes du marché mondial du diamant, principal moteur de l’économie botswanaise. Le PIB a rebondi de 3,5 % en glissement annuel au premier trimestre 2026, après une contraction de 5,4 % au trimestre précédent. L’économie avait été durement touchée par un ralentissement prolongé du marché mondial du diamant, qui s’est traduit par des contractions successives du PIB au cours des deux dernières années.
Selon Lesego Moseki, la reprise reste cependant limitée par plusieurs facteurs, notamment les conditions économiques mondiales, les transformations structurelles du marché international du diamant, la lenteur de la diversification économique et la faible productivité. Pour la Banque centrale, ces contraintes continuent de peser sur les perspectives de croissance et justifient une approche prudente de la politique monétaire.
Sur le front des prix, l’institution monétaire se montre néanmoins plus optimiste pour les prochains mois. Elle a abaissé sa prévision d’inflation moyenne pour 2026 à 7,9 %, contre 9,0 % auparavant, et table sur un ralentissement plus marqué à 4,9 % en 2027, contre une prévision antérieure de 5,5 %. Ces projections restent toutefois dépendantes de l’évolution des prix de l’énergie et des conditions économiques internationales.
La décision du 27 août confirme ainsi la volonté de la Banque centrale de préserver un équilibre entre la maîtrise de l’inflation et le soutien à une économie encore en phase de reprise. Le taux directeur, relevé de 200 points de base, de 3,5 % à 5,5 %, lors de la réunion du 30 avril 2026, avait été maintenu en juin avant d’être de nouveau laissé inchangé en août. Il s’établit à son niveau le plus élevé depuis septembre 2017. La prochaine évolution de la politique monétaire dépendra notamment de la trajectoire de l’inflation et de la situation économique nationale.




