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Ninety One sécurise 404 millions de dollars pour son fonds ACO3 : le crédit privé s’impose en Afrique et dans les marchés émergents

Alors que les marchés restent sous pression, entre incertitudes économiques, tensions géopolitiques et multiplication des barrières commerciales, les gestionnaires d’actifs continuent de regarder vers l’Afrique. Le secteur du crédit privé, encore peu développé sur le continent, attire de nouveaux capitaux à la recherche de rendements et d’opportunités liées au financement des entreprises et des infrastructures.…

Alors que les marchés restent sous pression, entre incertitudes économiques, tensions géopolitiques et multiplication des barrières commerciales, les gestionnaires d’actifs continuent de regarder vers l’Afrique. Le secteur du crédit privé, encore peu développé sur le continent, attire de nouveaux capitaux à la recherche de rendements et d’opportunités liées au financement des entreprises et des infrastructures.

C’est dans ce contexte que Ninety One a annoncé, le 18 août 2026, la clôture finale de son troisième fonds de dette privée, Africa Credit Opportunities Fund 3 (ACO3 Fund), avec 404 millions de dollars d’engagements, effet de levier inclus. L’enveloppe dépasse de plus de 55 % la première clôture de 260 millions de dollars réalisée en novembre 2024, sans toutefois atteindre l’objectif initial de 500 millions qui avait guidé la levée dès le départ. Cette opération confirme l’intérêt des investisseurs internationaux pour les solutions de financement alternatives en Afrique et dans les autres marchés émergents — l’ACO3 n’est en effet pas un fonds exclusivement africain : elle s’inscrit dans la stratégie « Emerging Market Senior Credit » de Ninety One, dont l’ACO3 est la troisième génération.

Aux côtés d’institutions de financement du développement parmi lesquelles l’International Finance Corporation (IFC, jusqu’à 75 millions de dollars), British International Investment (BII, 30 millions de dollars) et le Swiss Investment Fund for Emerging Markets, conseillé par responsAbility, le fonds a réuni des fonds de pension ainsi que des family offices originaires d’Afrique, d’Europe, du Royaume-Uni, des États-Unis et du Canada. Standard Bank of South Africa a également apporté un soutien indirect de 45 millions de dollars via une ligne de crédit sustainability-linked, dont le coût de financement était indexé sur des objectifs climatiques et sociaux. Il vise à financer des entreprises solides et des projets d’infrastructures considérés comme prioritaires.

Pour Ninety One, l’objectif est double : répondre au déficit de financement auquel font face de nombreuses entreprises africaines tout en proposant aux investisseurs des placements offrant un potentiel de rendement attractif.

« Nous continuons d’observer un déficit de financement important pour les entreprises et les projets d’infrastructures de qualité en Afrique et dans les marchés émergents. Cela ouvre des perspectives pour les prêteurs capables de s’appuyer sur une expertise locale et une solide capacité d’identification des opportunités », explique Nathaniel Micklem, co-responsable de l’équipe Emerging Market Alternative Credit de Ninety One. Le fonds investit principalement en dette privée senior secured, priorité des prêteurs sur les créanciers chirographaires, généralement adossée à des sûretés, et structure des financements libellés en dollars sur une durée pouvant aller jusqu’à 7,5 ans — plus longue que celle proposée habituellement par les banques sur ces marchés.

Plus de 30 investissements déjà réalisés, sur quatre continents

Le succès de cette levée intervient après une première clôture de 260 millions de dollars réalisée en novembre 2024. Depuis son lancement, ACO3 Fund a déjà réalisé plus de 30 investissements en Afrique, en Amérique latine, en Asie et en Europe centrale et orientale.

Le portefeuille couvre plusieurs secteurs clés : télécommunications, services financiers, santé, industrie, biens de consommation et matériaux. Plusieurs de ces investissements ont déjà été cédés.

Le fonds est piloté au quotidien par Steven Loubser et Kobina Kobi Sam, directeurs au sein de l’équipe Emerging Market Alternative Credit, qui affichent dix-huit ans d’expérience cumulée dans le crédit privé et alternatif.

Des précédents fonds déjà orientés vers l’impact

Les précédents fonds africains de dette privée gérés par Ninety One ont également financé des initiatives à vocation économique et sociale. Au Ghana, le Conseil du cacao (Ghana Cocoa Board/COCOBOD) avait selon la communication antérieure de Ninety One bénéficié d’un soutien financier destiné à améliorer les conditions de production agricole — chiffre de 800 000 familles de producteurs évoqué dans la communication du gestionnaire, à vérifier auprès d’une source primaire compte tenu de l’écart entre les communiqués officiels et la presse. Les projets devaient porter sur l’irrigation et la réhabilitation des plantations.

Dans les infrastructures numériques, Paratus, spécialiste de la connectivité, a obtenu un financement de 31 millions de dollars débloqué conjointement par l’Emerging Africa Infrastructure Fund (EAIF) et Ninety One, pour accélérer le développement de ses réseaux fibre et data centers sur trois sous-régions, soit sept pays : Angola, Botswana, République démocratique du Congo, Mozambique, Namibie, Afrique du Sud et Zambie. Le financement couvre notamment trois nouveaux tronçons (Walvis Bay–Johannesburg–Maputo, Brazzaville–Johannesburg–Maputo, Luanda–Lusaka–Dar es Salaam), qui s’ajoutent à un réseau de plus de 10 000 km, ainsi que la construction du premier data center Tier IV d’Angola.

Sur l’ensemble de ses trois millésimes, la stratégie Emerging Market Senior Credit de Ninety One a levé 815 millions de dollars et déployé plus de 1,4 milliard de dollars — capitaux recyclés inclus — auprès de plus de 100 contreparties dans plus de 30 pays.

Avec ce troisième fonds, Ninety One renforce sa position sur un marché en pleine évolution. Le crédit privé apparaît désormais comme une alternative crédible pour combler une partie du déficit de financement qui freine encore le développement des entreprises africaines et des grands projets d’infrastructures sur le continent comme dans les autres marchés émergents.

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