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Gabon : Fitch alerte sur le coût du financement du budget révisé 2026

Dans une analyse de la loi de finances rectificative du Gabon, promulguée le 17 juillet 2026, publiée le 10 août 2026 sur son site web, l’agence de notation financière américaine Fitch Ratings pointe la dépendance croissante du pays aux capitaux extérieurs. Ce collectif budgétaire revoit fortement les hypothèses initiales. Ainsi, les recettes attendues sont ramenées…

Dans une analyse de la loi de finances rectificative du Gabon, promulguée le 17 juillet 2026, publiée le 10 août 2026 sur son site web, l’agence de notation financière américaine Fitch Ratings pointe la dépendance croissante du pays aux capitaux extérieurs. Ce collectif budgétaire revoit fortement les hypothèses initiales. Ainsi, les recettes attendues sont ramenées à 3.240 milliards de FCFA (environ 5,7 milliards USD), soit une baisse d’environ 22%.

Fitch Ratings indique que « cette correction améliore la crédibilité des projections publiques, jugées auparavant trop optimistes ». Elle intervient cependant dans un contexte où les besoins de financement restent particulièrement élevés.

« Le déficit budgétaire pourrait atteindre 6,7% du Produit intérieur brut (PIB) en 2026, contre 6% dans le budget initial », selon les estimations de Fitch Ratings rapportées dans l’analyse. Celle-ci indique par ailleurs que « l’effort d’investissement demeure le principal facteur de tension sur les comptes publics ».

Le collectif budgétaire, objet de l’analyse de l’agence de notation américaine, table sur des dépenses d’équipement qui devraient représenter 8,5% du PIB. Ce niveau reste largement supérieur à la moyenne observée entre 2020 et 2024, malgré une réduction substantielle par rapport aux prévisions initiales.

Le pari risqué des marchés internationaux

Pour combler son besoin de financement, Libreville mise davantage sur les ressources commerciales extérieures. Le budget rectifié autorise jusqu’à 1,5 milliard USD d’emprunts internationaux, selon le site spécialisé Zone Bourse. Le montage inclut notamment le préfinancement d’un milliard USD obtenu auprès de Trafigura, l’un des plus grands groupes mondiaux de négoce de matières premières (pétrole, produits pétroliers, métaux et minéraux), fondé en 1993 et domicilié à Singapour. Ce montage est adossé aux futurs revenus pétroliers de l’État sur une période de sept ans.

Le Gabon a également réussi son retour sur le marché international avec une levée de 920 millions USD. L’opération porte un coupon de 9,375%, avec trois années de différé et une échéance en 2033. Cette performance traduit un regain d’appétit des investisseurs, mais à un coût encore élevé. Fitch considère que le recours accru à des financements commerciaux extérieurs pourrait accentuer les risques pesant sur la trajectoire de la dette.

La pression est renforcée par le service de la dette, évalué à 1.797 milliards de FCFA (environ 3,2 milliards USD) en 2026. Les seuls intérêts devraient atteindre 487,6 milliards de FCFA (environ 860 millions USD), en hausse de 16% par rapport aux prévisions initiales.

Le marché régional de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) devrait, pour sa part, offrir une capacité limitée à générer de nouveaux financements nets. Le refinancement de la dette intérieure pourrait donc absorber une part importante des ressources disponibles.

Fitch Ratings voit toutefois quelques facteurs d’atténuation. L’exécution des investissements était faible au premier semestre, ce qui pourrait conduire à un déficit annuel inférieur à la cible officielle.

Le règlement d’une partie des arriérés constitue également un enjeu majeur. Le produit de l’Eurobond doit notamment contribuer à apurer certaines dettes, conformément à la stratégie arrêtée dans le budget rectificatif.

Cette normalisation des relations avec les créanciers pourrait faciliter les discussions avec le FMI. Mais l’audit de la dette publique reste déterminant pour établir le niveau réel des engagements de l’État et définir une trajectoire soutenable.

Pour Libreville, l’équation est donc claire. Il est question de financer l’investissement sans compromettre davantage la solvabilité souveraine, tout en convainquant le FMI de la crédibilité du nouvel ancrage budgétaire.

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