La Côte d’Ivoire a bénéficié d’un financement de 31,7 milliards de FCFA au titre de la séquestration de 10,6 millions de tonnes de CO2 entre 2020 et 2023, dans le cadre du Projet de paiement des réductions d’émissions autour du parc national de Taï (PRE). Par ailleurs, 2,8 milliards de FCFA ont déjà été redistribués par mobile money à plus de 22 000 bénéficiaires. C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, ce mercredi 12 août, lors de la remise de chèques aux chefs des communautés de Gnato, Bliéron et Pimé pour leur engagement en faveur de la préservation des forêts, dans le cadre de ce projet.
Cette initiative, appuyée par le Fonds carbone de la Banque mondiale, a déjà permis de réduire 20 millions de tonnes d’émissions de CO2 sur la période 2020-2023. Grâce à ces résultats, les trois villages ont reçu des chèques d’une valeur totale de 62 816 260 FCFA pour la préservation de 1 059,10 hectares de forêt.
Le ministre a souligné que ces chèques n’étaient pas de simples instruments financiers, mais portaient un message fort : en Côte d’Ivoire, la préservation de la forêt peut devenir une source de revenus et un levier de développement local.
Les fonds reversés à ces communautés seront investis dans plusieurs projets porteurs, notamment dans l’agriculture, la floriculture et la pisciculture, afin de dynamiser l’économie locale.
Dans le cadre de l’objectif national visant à restaurer et préserver au moins 20 % du couvert forestier d’ici à 2040, soit 6,5 millions d’hectares, le ministre a également rassuré les populations. Il a affirmé que son département ministériel accompagnerait les communautés jusqu’à la classification officielle de leur massif forestier, avec à la clé un statut de reconnaissance spéciale consacré par décret, ainsi que les garanties de protection associées.
Quand la reforestation génère des revenus pour les communautés villageoises
De son côté, le coordonnateur du projet PRE, Eric Konan, a dressé un bilan global des réalisations. Selon lui, près de 2,8 milliards de FCFA ont été directement reversés à plus de 23 000 personnes, tandis qu’environ 7 milliards de FCFA ont été alloués aux structures de l’administration publique afin de renforcer leurs capacités techniques et opérationnelles sur le terrain.
Il a également précisé que 20 millions de tonnes équivalent CO2 avaient effectivement été réduites et que plus de 75 000 hectares d’agroforesterie avaient été réalisés, puis déjà pris en compte dans les paiements.
Enfin, très ému par ces versements, le porte-parole des villageois bénéficiaires et chef du village de Gnato, Djoui Bernard, a exprimé sa gratitude aux autorités pour cet encouragement précieux. Alors qu’il avait failli renoncer à la protection de ces espaces en raison des pressions de son entourage, il s’est réjoui des résultats obtenus : « Mais aujourd’hui, je vois les retombées. »
Le PRE démontre ainsi que la conservation des forêts peut générer des retombées économiques directes pour les communautés qui les protègent. L’enjeu, pour la Côte d’Ivoire, est désormais de consolider et d’étendre ce modèle à d’autres villages engagés.




