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Centrafrique : environ 12 milliards USD à mobiliser en 5 ans pour financer le développement

Pour la mise en œuvre de son Plan national de développement (PND) sur la période 2024-2028, la République centrafricaine (RCA) devra mobiliser 7.040 milliards de FCFA (environ 12,2 milliards USD), soit 1.408 milliards de FCFA (environ 2,44 milliards USD). L’information est contenue dans le Rapport pays 2026 de la Banque africaine de développement (BAD). L’effort…

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, au palais présidentiel à Bangui, le 9 août 2023. AFP – BARBARA DEBOUT

Pour la mise en œuvre de son Plan national de développement (PND) sur la période 2024-2028, la République centrafricaine (RCA) devra mobiliser 7.040 milliards de FCFA (environ 12,2 milliards USD), soit 1.408 milliards de FCFA (environ 2,44 milliards USD). L’information est contenue dans le Rapport pays 2026 de la Banque africaine de développement (BAD).

L’effort à fournir apparaît « considérable » au regard des capacités budgétaires du pays. En effet, selon les données rapportées dans ce document, « le montant annuel recherché équivaut à environ sept fois les recettes fiscales et douanières attendues en 2025 ». Cette équation souligne « l’ampleur du déficit de financement auquel Bangui doit faire face ».

Le problème tient d’abord à la faiblesse des ressources domestiques. La pression fiscale centrafricaine reste proche de 10% du Produit intérieur brut (PIB), tandis que l’économie demeure largement informelle. Pour la BAD, « cette configuration réduit la capacité de l’État à financer directement les infrastructures, les services publics et les investissements productifs ».

La dépendance aux capitaux extérieurs est donc structurelle. La BAD estime que « 91% des investissements publics sont financés par des ressources venues de l’extérieur ». Dans le même temps, soutient la banque panafricaine, « l’investissement total, public et privé, atteint seulement 16,5% du PIB, contre 26% en moyenne dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ».

A cette contrainte budgétaire s’ajoute « une faible profondeur financière ». Le crédit au secteur privé ne représente que 12,2% du PIB sur la période 2020-2024. La mobilisation de l’épargne locale et le développement de mécanismes capables d’attirer davantage de capitaux privés deviennent ainsi déterminants.

La qualité de la dépense constitue un autre enjeu. La BAD relève « une efficacité insuffisante des investissements publics ». Dans le même temps, la Banque mondiale appelle également à « renforcer la mobilisation des recettes intérieures et la gestion des finances publique ».

Pour rappel, cette situation intervient dans un environnement international moins favorable aux financements concessionnels. La BAD estime désormais « à plus de 400 milliards USD par an le besoin de financement du développement africain ». L’institution financière défend notamment « une mobilisation accrue des ressources domestiques, des garanties et des financements mixtes ».

Pour la RCA, l’enjeu consiste donc moins à trouver une source unique qu’à construire un montage financier diversifié. « Partenariats public-privé, financements concessionnels, mobilisation fiscale et investissements liés au capital naturel pourraient contribuer à réduire progressivement la dépendance aux ressources extérieures », indique la BAD.

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