Au cours d’une réunion tenue le 17 juillet 2026 à Brazzaville sous la présidence du gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, le Comité de direction du Fonds de garantie des dépôts en Afrique centrale (FOGADAC) a réaffirmé son ambition de porter sa réserve d’intervention à 1.000 milliards de FCFA (environ 1,7 milliard USD) à l’horizon 2036. L’information est révélée par le communiqué de presse rendu public à l’issue de la session de Brazzaville.
Le document précise que « la réserve d’intervention atteint désormais 345,8 milliards de FCFA (environ 595 millions USD), en progression constante ». Ce, avec un portefeuille de placements de 207 milliards de FCFA (environ 356 millions USD) ayant généré 8,38 milliards de FCFA (environ 14,5 millions USD) de produits au premier semestre de 2026. Le Comité de direction dit y voir « la confirmation de la pertinence de sa stratégie financière ».
Cette montée en puissance intervient après une longue période d’inertie institutionnelle. Créé par règlement de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) en 2009, le FOGADAC est resté seize ans sans activité réelle, faute d’adoption des textes d’application nécessaires à son fonctionnement. Il aura fallu attendre la première réunion de son Comité de direction, tenue le 24 juin 2025 à Bangui, puis la session de son conseil d’administration du 6 octobre 2025 à Malabo, pour acter son opérationnalisation effective.
Sur le terrain, le Fonds a déjà eu l’occasion de démontrer son utilité. Il est ainsi intervenu pour indemniser les clients de la Banque de l’habitat du Gabon en 2019, puis ceux de la Banque gabonaise de développement, en liquidation depuis fin 2022, dans la limite d’un plafond de 5 millions de FCFA par ayant droit. Ces précédents illustrent le rôle du Fonds. Il s’agit de couvrir les six États membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) contre le risque de défaillance bancaire, en s’appuyant sur les contributions des établissements de crédit eux-mêmes.
Pour accompagner cette trajectoire, le Comité de direction a également renforcé sa gouvernance interne. Il a validé la création d’un Comité d’investissement chargé de piloter la politique de placement des réserves, ainsi qu’un nouveau dispositif de délégation des signatures sur les comptes du Fonds, destiné à sécuriser davantage les opérations financières.
Sauf qu’à ce stade, l’on ne peut pas encore affirmer si cette trajectoire décennale résistera aux tensions bancaires que traverse régulièrement la sous-région, entre créances douteuses et recapitalisations forcées. La crédibilité du FOGADAC se mesurera donc moins à ses ambitions chiffrées qu’à sa capacité à intervenir rapidement lors de la prochaine défaillance bancaire.




