Le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Nigeria ont officialisé, à Abuja, le lancement de la Cocoa Value Addition Alliance, une initiative destinée à renforcer la transformation locale du cacao et à coordonner leurs positions sur les marchés internationaux. Les quatre pays, réunis au sein du sommet « From Bean to Brand », actent cette coopération par la signature de la déclaration d’Abuja.
Selon les organisateurs, l’alliance doit permettre aux principaux producteurs africains de mieux harmoniser leurs politiques, de définir des standards communs et de parler d’une seule voix face aux acheteurs et aux régulateurs. Ensemble, ces quatre pays représentent environ les deux tiers de la production mondiale de cacao, mais une part bien plus faible de la valeur créée par la transformation, la fabrication et la commercialisation du chocolat, encore largement concentrées hors du continent.
L’objectif affiché est d’augmenter la part du cacao transformé sur place, d’attirer de nouveaux investissements industriels et d’améliorer les revenus des producteurs. À Abuja, le ministre nigérian délégué à l’Industrie, John Owan Enoh, a également indiqué que cette coopération devait soutenir la mise en place de systèmes nationaux de traçabilité et de nouveaux mécanismes de financement pour les acteurs de la filière.
Cette initiative intervient dans un contexte de forte volatilité des cours mondiaux du cacao et à l’approche de l’entrée en application du règlement européen contre la déforestation pour les grands et moyens opérateurs, prévue fin 2026. Les pays signataires veulent défendre une position commune sur la traçabilité et sur la répartition des coûts de conformité, en insistant sur le fait que ces charges ne doivent pas peser sur les petits planteurs.
Le lancement de cette alliance marque une nouvelle étape dans les tentatives de coordination entre pays producteurs africains, après les démarches engagées ces dernières années par la Côte d’Ivoire et le Ghana. À ce stade, il ne s’agit pas d’un cartel assorti de quotas de production ou d’exportation, mais d’un cadre politique et industriel visant à accroître le poids de l’Afrique dans la chaîne de valeur mondiale du cacao.




