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Cameroun : l’Etat a injecté près d’1,3 milliard USD dans les entreprises publiques en cinq ans

Selon des chiffres révélés récemment par la Chambre des Comptes de la Cour suprême du Cameroun, entre 2020 et 2025, l’Etat a injecté 749,3 milliards de FCFA (environ 1,3 milliard USD) dans 26 sociétés publiques au titre de ses subventions. Le niveau de ces appuis budgétaires questionne tant les performances de ce secteur sont en…

Le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motaze

Selon des chiffres révélés récemment par la Chambre des Comptes de la Cour suprême du Cameroun, entre 2020 et 2025, l’Etat a injecté 749,3 milliards de FCFA (environ 1,3 milliard USD) dans 26 sociétés publiques au titre de ses subventions. Le niveau de ces appuis budgétaires questionne tant les performances de ce secteur sont en deçà des attentes du gouvernement.

Ce n’est pourtant pas faute d’orientation de l’utilisation de ces fonds. En effet, apprend-on de la présentation de la Chambre des Comptes, outre la garantie de la continuité des services publics, ces financements visent à préserver l’équilibre financier d’entreprises confrontées à des difficultés structurelles. Notamment dans les secteurs de l’énergie, des transports, de l’eau et des infrastructures, considérés comme stratégiques pour l’économie nationale.

Cette dynamique intervient alors que le gouvernement poursuit la réforme de la gouvernance des entreprises publiques. L’objectif avoué est « d’améliorer leur efficacité opérationnelle, de réduire leur dépendance aux ressources budgétaires et de renforcer leur contribution à la croissance ».

Selon les projections budgétaires, cette politique de soutien ne faiblira pas. En effet, la loi de finances 2026 prévoit 152,26 milliards de FCFA (environ 262 millions USD) de subventions en faveur des entreprises publiques. Ce montant représente une hausse marquée par rapport aux dotations de 2025.

À l’inverse, les aides destinées au secteur privé poursuivent leur repli. Les crédits prévus passent de 7,61 milliards de FCFA en 2025 à 5,03 milliards en 2026, traduisant une réorientation des priorités budgétaires vers les entreprises détenues par l’État.

Les pouvoirs publics justifient cette orientation par les besoins de restructuration de plusieurs sociétés stratégiques. Certaines assurent des missions de service public dont l’équilibre économique demeure fragile. D’autres font face à des contraintes financières héritées d’investissements lourds ou d’une gouvernance perfectible.

La question de l’efficacité de ces transferts demeure toutefois centrale. Dans une circulaire relative à la préparation du budget, la présidence de la République a demandé un meilleur encadrement des subventions. Les ministères de tutelle sont invités à évaluer les besoins réels des entreprises et à suivre plus rigoureusement l’exécution de leurs budgets.

Cette exigence de performance s’inscrit dans un contexte où plusieurs entreprises publiques continuent d’accumuler des difficultés financières. Des analyses officielles ont déjà mis en évidence des pertes importantes et un endettement élevé pour certaines d’entre elles.

Pour les finances publiques, l’enjeu dépasse la seule maîtrise des dépenses. Il s’agit également de transformer les entreprises publiques en acteurs capables de générer davantage de valeur économique, d’améliorer la qualité des services rendus et, à terme, de réduire leur recours aux subventions budgétaires.

Dans un environnement marqué par des marges budgétaires limitées et des besoins croissants de financement des investissements, la capacité des entreprises publiques à améliorer leur rentabilité apparaît désormais comme un levier majeur de soutenabilité des finances publiques camerounaises.

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