Ce mercredi 1er juillet, les Three Lions et les Léopards s’affrontent en seizième de finale du Mondial nord-américain. Avant le duel sur la pelouse, le match des chiffres oppose deux univers économiques et deux monnaies que tout sépare ; tout sauf, peut-être, l’ambition.
Coup d’envoi : David contre Goliath du PIB. D’un côté, le Royaume-Uni (ensemble dont l’Angleterre est membre avec près de 85 % du PIB total du pays), cinquième économie mondiale avec un PIB de 4.260 milliards de dollars en 2026 et un revenu par habitant d’environ 61.246 dollars. De l’autre, la République démocratique du Congo, dont le PIB nominal est estimé à 123,4 milliards de dollars en 2026 par le Fonds monétaire international (FMI). Soit un rapport de force d’environ 35 à 1 en faveur des Anglais et du Livre sterling. Sur le papier, le score paraît plié.
La dynamique de croissance à la pause fraîcheur. C’est ici que les Léopards et le franc congolais reprennent l’initiative. La croissance du PIB réel congolais est estimée à 5,5 % en 2025, et devrait dépasser 5 % en 2026, portée par le dynamisme du secteur extractif. En face, le Royaume-Uni n’aligne qu’un modeste +1,1 % en 2024 et une prévision autour de +1,0 % pour 2025. Sur le terrain du tempo, la RDC court plus vite.
Mi-temps : inflation et emploi, deux maux différents. Londres encaisse une inflation qui repart à la hausse, à +3,4 % en mai 2025, tandis que le chômage grimpe à 5,0 % puis 5,1 % fin 2025. Kinshasa, de son côté, signe un exploit : ramener l’inflation de 17,7 % en 2024 à environ 7,5–8,0 % en 2025, grâce à une politique monétaire prudente de la Banque centrale du Congo (BCC).
Seconde période : les matières premières, attaquant vedette des Léopards. La RDC est devenue le deuxième producteur mondial de cuivre, avec environ 3,4 millions de tonnes exportées en 2025, et reste le numéro un mondial incontesté du cobalt. Une carte maîtresse à l’heure de la transition énergétique mondiale. L’arme du Royaume-Uni reste, elle, sa puissance financière : la City, largement reconnue comme la première place financière d’Europe et la deuxième place mondiale, juste derrière New York.
Temps additionnel. Côté congolais, l’encours de la dette publique globale s’établit à 15,5 milliards de dollars américains à fin 2015, selon le dernier rapport officiel publié par la Direction générale de la dette publique, dont environ 8 milliards de dette extérieure. Devant, les données font état d’environ 2 980 milliards de livres sterling (environ 3 950 milliards de dollars ), ce qui représente un ratio d’environ 95,3 % à 103,4 % de son PIB, contre 18,1 % pour Kinshasa, bien plus faible qu’à Londres.
Verdict d’avant-match. Sur la richesse accumulée, l’Angleterre écrase. Sur la trajectoire, la jeunesse et les ressources stratégiques, la RDC marque des points. Ce 1er juillet, reste à savoir si les Léopards transformeront leur cobalt en buts.



