Le groupe du milliardaire nigérian Aliko Dangote sécurise une ressource stratégique pour ses ambitions africaines dans les engrais, avec un investissement annoncé de 3 milliards de dollars.
Le groupe industriel du milliardaire nigérian Aliko Dangote franchit une nouvelle étape dans sa stratégie d’intégration de la chaîne de valeur des engrais en Afrique. L’entreprise a obtenu un permis d’exploitation portant sur un gisement de potasse au Congo-Brazzaville, dont les réserves sont estimées à près de 350 millions de tonnes.
Sécuriser l’amont de la filière engrais
Cette acquisition s’inscrit dans la volonté du groupe Dangote de sécuriser son approvisionnement en matières premières destinées à la production d’engrais, secteur devenu stratégique pour la sécurité alimentaire du continent. Déjà propriétaire de l’une des plus grandes usines d’engrais d’Afrique au Nigeria, le groupe cherche à renforcer sa présence dans l’industrie minière afin de maîtriser l’ensemble de la chaîne de production. Selon les informations disponibles, le groupe prévoit d’investir 3 milliards de dollars, incluant la construction d’une usine de transformation d’engrais.
La potasse constitue l’un des principaux composants des engrais potassiques utilisés pour améliorer les rendements agricoles. Avec des réserves estimées à 350 millions de tonnes, le nouveau permis confère à Dangote un accès à une ressource susceptible d’alimenter pendant plusieurs décennies les besoins du marché africain et international.
Le Congo, un bassin potassique convoité
Le Congo-Brazzaville dispose de plusieurs bassins potassiques parmi les plus prometteurs d’Afrique centrale, notamment dans le département du Kouilou. Depuis plusieurs années, le gouvernement congolais multiplie les initiatives pour attirer les investisseurs internationaux dans le secteur minier et diversifier une économie encore fortement dépendante du pétrole.
Selon plusieurs sources, les discussions entre le groupe Dangote et les autorités congolaises se sont intensifiées ces derniers mois autour du développement des ressources potassiques du pays. L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, facilitateur et promoteur de l’expansion du groupe, a contribué à encourager Aliko Dangote à investir au Congo.
Retombées économiques attendues
Au-delà de son impact industriel, le projet pourrait générer d’importantes retombées économiques pour le Congo, notamment en matière d’emplois, de recettes fiscales et de développement des infrastructures de transport et d’exportation. Le pays cherche à valoriser davantage ses ressources minières afin de stimuler la croissance économique et d’attirer de nouveaux investissements étrangers.
Les analystes estiment que l’exploitation de ce gisement pourrait positionner le Congo comme un acteur majeur du marché mondial de la potasse, aux côtés d’autres projets déjà en développement dans le bassin potassique côtier du pays.
Une implantation congolaise consolidée
Déjà présent au Congo, où il exploite une cimenterie dans le département de la Bouenza, dans le sud du pays, le groupe Dangote consolide à travers cette acquisition minière son ancrage local. Cette opération représente une étape stratégique dans la consolidation de son leadership africain dans les secteurs du ciment, des engrais et désormais des ressources minières.
Si les études techniques et les investissements prévus se concrétisent, le projet pourrait contribuer à renforcer l’autosuffisance de l’Afrique en intrants agricoles et soutenir les ambitions du continent en matière de sécurité alimentaire.



