Le 20 juin 2026, le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a confirmé la reconduction du Premier ministre, Manuel Osa Nsue Nsua, seulement quatre jours après la démission de l’ensemble du gouvernement. Cette démission collective de l’ancien cabinet avait été justifiée par « des résultats jugés insuffisants par l’exécutif ».
Selon le vice-président de la République, Teodoro Nguema Obiang Mangue, « le gouvernement avait atteint à peine 10% des objectifs fixés depuis sa nomination en août 2024 ». Ce, après une évaluation interne des performances jugée déficiente par les autorités locales. Cette évaluation a été rendue publique via les réseaux sociaux du vice-président, qui a insisté sur « la nécessité d’une responsabilité accrue dans la gestion publique ».
« Le degré d’exécution atteint est manifestement insuffisant au regard des attentes et des engagements pris », a-t-il écrit. Soulignant que « l’État avait mis à disposition des ressources humaines, matérielles et financières substantielles pour répondre aux besoins de la population ».
Au-delà du faible taux de réalisation des objectifs, le Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE), formation au pouvoir, a pointé du doigt « la corruption généralisée et l’incapacité du gouvernement à conduire des réformes structurantes ». Ces critiques s’inscrivent dans un contexte plus large de pression sur la gouvernance publique dans un pays fortement dépendant des revenus pétroliers. Les autorités ont récemment reconnu que le manque de diversification économique et la faiblesse de projets structurants limitaient la croissance et la résilience de l’économie.
La Guinée équatoriale reste l’un des plus grands producteurs de pétrole d’Afrique centrale, mais cette richesse n’a pas suffi à booster l’économie nationale. La baisse récente de la production hydrocarbonée et l’absence d’initiatives efficaces de diversification ont fragilisé la performance économique globale.
Dans ce contexte, la démission gouvernementale a été vue comme un signal politique fort. Elle visait à montrer une volonté de recentrer l’action publique sur des résultats tangibles, notamment dans l’administration, les infrastructures et les services publics.
Pourtant, la reconduction du Premier ministre quelques jours plus tard soulève des interrogations sur la nature réelle du changement politique et la capacité de l’exécutif à impulser de nouvelles dynamiques de gouvernance. Cette démarche, parfois perçue comme un simple ajustement de façade, rappelle des précédents dans lesquels des dirigeants ont été réconfirmés malgré des bilans mitigés, sans rupture majeure dans les orientations politiques ou économiques.
Les observateurs estiment que cette reconduction pourrait refléter la stratégie du président Obiang pour maintenir stabilité politique et contrôle sur l’appareil d’État. Elle pourrait aussi s’inscrire dans une logique de continuité, malgré les critiques internes et externes.
Alors que nous allions sous presse, aucune annonce officielle n’a été faite sur la composition du nouveau gouvernement. Encore moins sur les mesures concrètes qui seront prises pour répondre aux lacunes pointées dans l’évaluation précédente. La question de savoir si cette recomposition se traduira par une amélioration de la performance économique et sociale reste ouverte, dans un pays confronté à des défis structurels profonds.
Alors que la Guinée équatoriale s’efforce de renforcer sa crédibilité auprès des investisseurs et de ses partenaires régionaux, l’enjeu est désormais d’aligner discipline de résultats, réformes économiques et gouvernance transparente.



