L’Afrique redessine progressivement sa géographie financière. À Lagos, au Nigeria, le jeudi 4 juin 2026, l’Africa Finance Corporation (AFC) a annoncé avoir finalisé un prêt syndiqué record de 2 milliards de dollars, la plus importante levée de fonds de son histoire. Initialement fixée à 1,6 milliard de dollars, l’opération a été rehaussée de 400 millions de dollars face à une forte demande des banques internationales, traduisant une confiance croissante dans les infrastructures africaines.
L’annonce, faite depuis le siège de l’institution panafricaine, met en lumière un changement structurel dans les flux mondiaux de capitaux vers l’Afrique : les banques asiatiques s’imposent désormais comme des acteurs majeurs du financement du continent, aux côtés des partenaires traditionnels européens et du Golfe.
Une recomposition des flux de capitaux vers l’Afrique
Selon l’AFC, l’Asie-Pacifique et l’Europe représentent chacune 35 % du tour de table, devant le Moyen-Orient (25 %) et l’Afrique (5 %). Des institutions de Chine, de Hong Kong, du Japon, de Corée du Sud et d’Inde ont fortement participé à l’opération, illustrant un repositionnement durable des liquidités internationales vers les infrastructures africaines.
« Nous avons une base de financement diversifiée, mais cette fois, beaucoup plus de banques asiatiques ont participé », a déclaré Samaila Zubairu, soulignant l’engagement accru des institutions financières asiatiques.
Portée par de solides notations — A/A-1 par S&P, A3 par Moody’s et A+ par la Japan Credit Rating Agency —, l’AFC consolide son accès aux marchés mondiaux de capitaux. Cette crédibilité financière intervient dans un contexte où les besoins africains en infrastructures demeurent considérables, notamment dans l’énergie, les transports et l’industrialisation.
Une capacité accrue à financer des projets stratégiques
Une partie des ressources mobilisées devrait soutenir un pipeline de projets énergétiques stratégiques, dont une future raffinerie est-africaine liée à Aliko Dangote, ainsi que des initiatives de finance verte en Afrique de l’Ouest.
Avec des actifs dépassant désormais 19 milliards de dollars, l’AFC confirme son statut d’acteur clé du financement du développement sur un continent où les investisseurs recherchent de plus en plus des plateformes crédibles, résilientes et capables de structurer des projets à fort impact économique.



