Le nouveau président béninois Romuald Wadagni a effectué, le mardi 2 juin 2026, une visite officielle au Niger, où il a été reçu à Niamey par le chef de l’État nigérien, le général Abdourahamane Tiani. Cette rencontre intervient quelques jours après son investiture et marque une rupture avec son prédécesseur quant à la gestion de la crise avec le voisin nigérien, dont la frontière est fermée depuis l’arrivée au pouvoir des militaires du CNSP.
À l’issue des échanges, les deux dirigeants ont abordé plusieurs dossiers d’intérêt commun, notamment la coopération économique, les questions sécuritaires et la relance des relations bilatérales. La situation de la frontière entre les deux pays, fermée depuis 2023, figurait également parmi les sujets brûlants examinés au cours des discussions.
Romuald Wadagni est conscient d’une chose : il ne peut s’offrir le luxe d’une frontière indéfiniment fermée avec son voisin nigérien, au risque de compromettre son plan de développement économique. Il s’agit donc d’une question qui revêt un enjeu économique majeur.
Depuis sa fermeture en 2023, les échanges commerciaux entre les deux pays ont fortement ralenti. De nombreux opérateurs économiques nigériens ont été contraints de contourner le corridor béninois en passant par le Nigeria, ce qui a entraîné une hausse des coûts logistiques, un allongement des délais de transport et une baisse de la rentabilité des activités commerciales. Les transporteurs, notamment dans le secteur des hydrocarbures, ont enregistré d’importantes pertes financières.
Autant d’éléments qui font aujourd’hui de la normalisation des relations entre Cotonou et Niamey un enjeu crucial pour la relance des échanges et de l’activité économique régionale.
Rencontre au sommet avec le capitaine Ibrahim Traoré
Après l’étape nigérienne, Romuald Wadagni s’est rendu à Ouagadougou, où il a rencontré le président du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. Les deux chefs d’État ont également évoqué les perspectives de normalisation des relations, ainsi que la volonté de coopérer dans les domaines du transport, de la logistique, de l’investissement et de la sécurité.
Cette tournée régionale est surtout un message que le nouveau président béninois adresse à ses voisins sahéliens, qui accusent sans cesse Cotonou d’être une base arrière de déstabilisation. Il devient impératif de rétablir le dialogue face à la progression de l’insécurité en Afrique de l’Ouest. Romuald Wadagni veut ainsi normaliser les relations avec ses voisins afin de mieux coordonner la lutte contre le terrorisme, mais aussi favoriser les échanges économiques et créer les conditions d’une stabilité durable dans la région.



