Au terme de sa visite d’Etat en France, du 15 au 17 avril, ponctuée par les honneurs militaires aux Invalides, un entretien à l’Elysée suivi d’un dîner officiel, un déplacement à Brest, dans le département du Finistère, ou encore un forum économique à Paris, le président Mohamed ould el-Ghazouani a pu apprécier l’importance stratégique que représente la Mauritanie pour Paris. Un « partenaire-clef », a expliqué son homologue Emmanuel Macron face aux journalistes.
Il faut dire que, sur fond de graves tensions avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger fedérés dans l’Alliance des Etats du Sahel (AES), la Mauritanie reste l’un des rares pays sahéliens sur lequel la France peut encore compter.
Pour Mohamed ould el-Ghazouani, réélu pour un second mandat en juin 2024 après une première élection en juin 2019, le chemin de l’Elysée n’est pas inconnu. Il l’a assidument emprunté lorsque, chef d’Etat-major de l’Armée, il accompagnait le président Mohamed ould Abdel Aziz, auquel il a succédé, à chacune de ses visites, en France.
Le profil militaite n’est d’ailleurs jamais très loin, ce qui a justifié une cérémonie aux Invalides et le dépôt d’une gerbe de fleurs, par le chef d’Etat mauritanien, sur la tombe du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe.
Pour cette visite, la première depuis trente ans sous ce format, l’entretien avec Emmanuel Macron, à l’Elysée, a essentiellement tourné autour des questions sécuritaires. La situation sahélienne et l’incapacité de l’AES à endiguer la violence djihadiste sur son sol a des conséquences concrètes pour Nouakchott, qui voit l’arrivée et l’obligation de gérer sur son territoire des milliers de déplacés venant du Mali.
La sécurité a d’ailleurs justifié le déplacement, le 16 avril, de Mohamed ould el-Ghazouani à Brest, dans l’ouest de la France pour un déjeuner à la Préfecture, la visite des chantiers de l’entreprise de chantier naval Piriou ainsi qu’une réception à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer). Inquiété sur son ouest, le président mauritanien cherche également à sécuriser son littoral et ses eaux victimes de pêche illégale et de flux migratoires clandestins. Mohamed ould el-Ghazouani cherche également à renforcer les programmes de formation navale et à sécuriser, par l’acquisition de patrouilleurs, le champ gazier off-shore Grand Tortue co-exploité avec le Sénégal. La sécurisation des câbles sous marins a également été abordée au cours de ce déplacement.
Avec à peine 40 entreprises, la présence économique française en Mauritanie est pelliculaire. Ce niveau insuffisant a justifié la tenue d’un Forum d’affaires France-Mauritanie organisé par Medef International auquel le président ould el-Ghazouani a participé devant une cinquantaine de chefs d’entreprise tricolores et une trentaine de patrons mauritaniens aux côtés de Patrick Martin, président de Medef. Cette rencontre a permis de vanter les potentialités du pays dans des secteurs comme les mines, l’agro-industrie, la pêche.



