Le Kenya pourrait perdre jusqu’à 40 millions USD par mois en envois de fonds en provenance des États du Golfe en raison de l’escalade du conflit au Moyen-Orient, a indiqué la Banque mondiale dans son dernier rapport économique publié en avril.
Selon l’institution, ces flux, essentiels pour de nombreuses économies africaines, sont exposés aux retombées du conflit, qui pèsent sur l’emploi des travailleurs migrants, notamment dans la construction et les services.
Les données de mars 2026 affichent l’une des plus fortes baisses mensuelles des envois de fonds vers le Kenya ces dernières années, avec jusqu’à 40 millions USD potentiellement en jeu. Une détérioration prolongée de la situation pourrait accentuer le recul des transferts.
Au-delà du Kenya, plusieurs pays africains restent fortement dépendants de ces flux, qui peuvent représenter près de 20 % du PIB dans des économies comme les Comores, la Gambie, le Lesotho ou le Libéria.
Pressions sur les marchés énergétiques mondiaux
L’escalade des tensions depuis fin février a également perturbé les marchés énergétiques mondiaux, notamment via des incidents affectant le détroit d’Ormuz, un point de passage clé pour le commerce pétrolier. Le prix du Brent est ainsi passé d’environ 70 USD le baril fin février à plus de 110 USD fin mars, alimentant les pressions inflationnistes.
La Banque mondiale estime que l’impact sur les ménages africains reste pour l’instant limité, mais avertit qu’une hausse des prix de l’énergie combinée à une baisse des envois de fonds pourrait réduire le pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables.
Dans ce contexte, les perspectives économiques se dégradent : environ 60 % des pays d’Afrique subsaharienne ont vu leurs prévisions de croissance pour 2026 révisées à la baisse, dont le Kenya, le Nigeria et l’Afrique du Sud.
L’institution souligne enfin que la capacité de réponse des États reste contrainte, avec des niveaux d’endettement élevés et des marges budgétaires limitées, réduisant leur aptitude à amortir le choc.




