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En Afrique, Standard Chartered poursuit sa réorganisation avec un bilan contrasté en 2025 (rapport)

La banque britannique Standard Chartered a publié, le 24 février 2026, son rapport annuel 2025 qui annonce, entre autres, une perte cumulée d’environ 10 millions de dollars de ses opérations de cessions au Cameroun et en Gambie, et un bénéfice de 13 millions de dollars de la vente de sa branche WRB en Tanzanie. Le document…

La banque britannique Standard Chartered a publié, le 24 février 2026, son rapport annuel 2025 qui annonce, entre autres, une perte cumulée d’environ 10 millions de dollars de ses opérations de cessions au Cameroun et en Gambie, et un bénéfice de 13 millions de dollars de la vente de sa branche WRB en Tanzanie. Le document dresse, pour l’Afrique, un bilan contrasté mais assumé d’une stratégie de recentrage stratégique.

C’est un tournant décisif que Standard Chartered opère depuis plusieurs années en Afrique. Le rapport annuel 2025 du groupe britannique en révèle l’ampleur avec une clarté nouvelle : la banque accélère son désengagement des marchés dits « non stratégiques » pour concentrer ses forces sur les corridors financiers reliant l’Afrique à l’Asie et au Moyen-Orient.

Des cessions à répétition et des pertes maîtrisées

L’exercice 2025 aura donc été marqué par la finalisation des cessions des filiales camerounaise et gambienne au groupe nigérian Access Holdings. Le transfert de Standard Chartered Bank Cameroon S.A. à Access Bank, dernier en date, a été officialisé le 5 décembre 2025.

Dans son rapport de près de 500 pages, le groupe indique que le bilan comptable de ces deux opérations affiche une perte cumulée d’environ 10 millions de dollars, soit de 5,3 millions pour le Cameroun, et 5,4 millions pour la Gambie, ajustements de change inclus. Une ardoise qui parait modeste au regard des pertes annoncées pour 2024 lors des sorties du Zimbabwe (172 millions de dollars), d’Angola (26 millions) et de la Sierra Leone (19 millions). La cession du seul portefeuille camerounais permet d’alléger le bilan de 300 millions de dollars d’actifs pondérés par les risques dans la division Corporate & Investment Banking (CIB), libérant ainsi des fonds propres pour des usages jugés plus rentables.

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Mais la logique de la recomposition n’est pas arrivée à son terme. Au cours de l’année considérée, un tribunal compétent a approuvé la cession intégrale de la Standard Chartered Bank (Botswana), qui inclue le Wealth & Retail Banking (WRB) et le CIB. Les activités WRB en Ouganda et en Zambie sont également en cours de cession : seuls les clients corporate et institutionnels seront servis dans ces marchés, via des entités allégées concentrées sur le CIB, précise le groupe. À l’inverse, la cession de la branche WRB en Tanzanie, finalisée en juin 2025, a généré un gain de 13 millions de dollars.

Onze marchés dans le portefeuille

Au terme de ces arbitrages, Standard Chartered maintient une présence dans onze marchés africains : Botswana (en transition), Côte d’Ivoire, Égypte, Ghana, Kenya, Maurice, Nigeria, Afrique du Sud, Tanzanie, Ouganda et Zambie. La stratégie déclarée est celle d’une banque de corridors, spécialisée dans la facilitation des flux commerciaux et des investissements entre l’Afrique, l’Asie et le Moyen-Orient, ainsi que dans la gestion de patrimoine pour une clientèle aisée.

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« En 2022, Standard Chartered a annoncé sa décision stratégique de céder ses activités dans sept marchés en Afrique et au Moyen-Orient, afin d’améliorer notre efficacité, réduire la complexité, et servir nos clients là où nous pouvons avoir le plus grand impact », rappelait Kariuki Ngari, le directeur général de Standard Chartered Bank Kenya & Africa lors de la cession de l’unité camerounaise en décembre dernier.

Cette orientation est confortée par l’environnement macroéconomique continental que décrit aussi le groupe dans son rapport annuel. Si l’Afrique subsaharienne a affiché une croissance estimée à 4,0 % en 2025, soutenue par des réformes structurelles au Nigeria (+3,8 %) et en Afrique du Sud (+1,2 %), et une économie kényane dynamique à +4,9 %, les perspectives 2026 s’annoncent elles aussi prometteuses : une stabilisation des devises est attendue au Ghana, au Nigeria et en Zambie, ce qui promet un assouplissement monétaire significatif.

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Toutefois, si la stratégie africaine paraît cohérente, les résultats 2025 pâtissent mécaniquement de la non-répétition des gains exceptionnels de l’exercice précédent. En 2024, le groupe avait bénéficié de 295 millions de dollars d’éléments notables : gains liés à la réévaluation des positions de change en Égypte et ajustements comptables liés à l’hyperinflation au Ghana. En 2025, ces mêmes postes se soldent par une perte de 1 million de dollars, pesant sur la comparabilité des revenus sur le continent.

Perspectives

Au-delà de la banque traditionnelle, Standard Chartered mise sur SC Ventures, son unité d’innovation et d’investissement fintech basée à Singapour, pour capter les opportunités de la transformation économique africaine. Le groupe opère Solv Kenya et Solv Ghana, des places de marché B2B pour les PME, ainsi que myZoi, une solution fintech transfrontalière. Ces initiatives s’inscrivent dans une enveloppe d’investissement de 1,5 milliard de dollars sur cinq ans, dédiée au renforcement du wealth management en Asie, Afrique et Moyen-Orient.

Par ailleurs, le groupe annonce une présentation de la prochaine phase de sa stratégie lors d’un événement investisseurs prévu en mai 2026. Un rendez-vous au cours duquel Standard Chartered devra encore mieux clarifier ses positions et ses ambitions sur un marché africain sa partition semble complexe : se délester pour mieux régner.

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