Sonangol, la compagnie pétrolière nationale angolaise, a annoncé mercredi être en discussions avec des entités financières chinoises afin d’obtenir un prêt de 4,8 milliards de dollars. Ce financement doit couvrir une partie du coût de construction d’une nouvelle raffinerie au port atlantique de Lobito.
Lors d’une conférence de presse, le PDG de Sonangol, Sebastião Gaspar Martins, a indiqué que l’entreprise négociait avec des « institutions financières en Chine » pour financer une phase du projet, dont le coût total est estimé à 6,2 milliards de dollars.
« La phase suivante est évaluée à 4,8 milliards de dollars et nous sollicitons des institutions chinoises, avec l’appui d’un entrepreneur également chinois, pour obtenir ce financement », a-t-il précisé. Martins n’a pas révélé l’identité des établissements concernés. Toutefois, le ministère angolais des Finances avait indiqué le mois dernier que le crédit pourrait être accordé par la China Development Bank, sans plus de détails.
Une délégation de Sonangol est attendue en avril à Pékin pour rencontrer des institutions financières chinoises. Selon l’entreprise, les discussions en cours n’incluent pas l’utilisation du pétrole comme garantie.
Le gouvernement angolais considère cette raffinerie comme un projet « stratégique », avec une mise en production de produits pétroliers raffinés attendue pour décembre de l’année prochaine.
Repli des prêts chinois en Afrique
Jusqu’en 2019, la Chine figurait parmi les principaux bailleurs de fonds des économies africaines. Elle a toutefois commencé à réduire progressivement ses engagements, une tendance accentuée par la pandémie de COVID-19. Plusieurs projets d’infrastructures, dont une ligne ferroviaire moderne au Kenya, ont été ralentis ou laissés inachevés faute de financements supplémentaires.
Selon une étude publiée le mois dernier par ONE Data, organisme indépendant, le montant des remboursements effectués par les pays africains au profit de la Chine dépasse désormais celui des nouveaux prêts accordés au continent.
Pékin continue néanmoins de défendre son partenariat avec l’Afrique, affirmant soutenir le continent dans divers domaines, notamment le commerce et l’investissement.
De son côté, l’Angola s’éloigne progressivement des emprunts chinois adossés au pétrole, dans un contexte international marqué par la volatilité des prix des matières premières, la hausse des taux d’intérêt et une perception accrue des risques.
D’après les données du ministère des Finances, la dette pétrolière angolaise envers la Chine a reculé l’an dernier à 7,73 milliards de dollars, contre 10,146 milliards de dollars à fin 2024. Si ce nouveau financement aboutit, il s’agira du premier emprunt contracté par ce producteur majeur d’Afrique australe auprès de la Chine depuis 2017, année où Luanda avait amorcé une réduction de son exposition aux prêts garantis par ses ressources naturelles.



