Désigné, en début d’année, comme le nouvel adjoint du secrétaire d’Etat, Marc Rubio, Christopher Landau consacre ses tout premiers déplacement à l’Afrique.
Après l’Egypte, le 27 janvier, le n°2 du Département d’Etat doit se rendre en Ethiopie, au Kenya et à Djibouti. Programmée jusqu’au 1er février, cette tournée est-africaine intervient après le voyage, le 17 janvier, de Nick Checker, le patron du Bureau des Affaires Africaines du Département d’Etat, en Guinée, où il a assisté à l’investiture du président Mamadi Doumbouya.
Bien qu’ils soient sur beaucoup d’autres fronts diplomatiques, et malgré un intérêt qualifié de « secondaire » dans la dernière Stratégie de sécurité nationale, les Etats-Unis de Donald Trump ne se détournent pas du continent. Ce dernier est convoité pour ses ressources stratégiques et ses gisements en métaux rares, mais aussi et surtout parce que s’y joue une concurrence mondiale effrénée à laquelle Washington entend se joindre, ne serait-ce que pour contrarier les positions chinoises et russes.
Conakry comme priorité
La visite de Nick Checker à Conakry, pays au tropisme soviétique pourtant revendiqué depuis l’indépendance en 1958, ne relève d’ailleurs pas du hasard alors que les Etats-Unis sont présents sur le mégaprojet de Simandou, à travers l’entreprise spécialisée dans le ferroviaire, Wabtec. Il s’agissait de sa première visite officielle à l’étranger.
Durant son séjour, le « Monsieur Afrique » du Département d’Etat, a insisté sur le renforcement de la relation entre les deux pays tout en s’entretenant avec les membres les plus influents du gouvernement guinéen dont le ministre guinéen des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla.
Washington entend aller plus loin avec la Guinée en proposant son expertise technique en matière minière. La Guinea – US Chamber of Commerce doit lancer le Guinea ConnectForum, le 14 février 2026, dans le New Jersey, en vue de rapprocher les investisseursaméricains et les leaders de la diaspora guinéenne Outre-Atlantique.
Opération de charme
A son tour, Christopher Landau devrait axer ses interventions sur les mêmes préoccupations minières durant son périple. Il s’agit de la première tournée régionale d’un haut diplomate américain depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, début 2025.
Le Kenya dispose d’importants gisements en minerais recherchés. Ce pays d’attache historique avec Washington est central au moment où Nairobi cherche à propulser son secteur minier. Ce dernier ne représente, en effet, que 0,8% du PIB kenyan. Un pourcentage que le président William Butto voudrait porter à 10% d’ici 2030.
Les Etats-Unis entendent jouer leur carte sur le formidable gisement Mrima Hill, à Kwale, au sud de Mombasa. Longtemps opéré par l’Australien Base Resources pour ses sables minéraux, ce site a constitué jusqu’à 75 % des exportations minérales du pays. Après son épuisement, la major australienne a baissé le rideau, fin 2024.
Les autorités kenyanes recherchent de nouveaux investisseurs sur d’autres matières. Un consortium australien composé, entre autres, de l’entreprise RareX, basé à Subiaco, a manifesté son intérêt. Mais William Ruto préfère attendre avant de se prononcer. D’autant qu’il a vanté ce même gisement auprès de Donald Trump lors de son déplacement à Washington, le 4 décembre 2025, pour assister à la signature de l’accord de paix entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo (RDC). Un accord de paix historique pour lequel le président américain n’a d’ailleurs pas caché ses intentions : inciter là aussi les investisseurs à prospecter dans la région afin d’y exploiter les minerais sensibles.
Cette même stratégie de course aux minerais essentiels à certaines industries, en particulier de l’automobile électrique, devrait accompagner Christopher Landau en Ethiopie, pays visité, début janvier, par le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Xi.
Alexandre Varel



