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Mali : baisse de la production aurifère industrielle en 2025

Le secteur minier malien amorce un virage préoccupant pour l’exercice 2025. Selon les données provisoires du ministère des Mines, la production totale des exploitations industrielles d’or devrait enregistrer une baisse significative de 22,9 % par rapport à l’année précédente, apprend-on depuis le 23 janvier . Si ces projections sont validées par les rapports définitifs, elles…

Le secteur minier malien amorce un virage préoccupant pour l’exercice 2025. Selon les données provisoires du ministère des Mines, la production totale des exploitations industrielles d’or devrait enregistrer une baisse significative de 22,9 % par rapport à l’année précédente, apprend-on depuis le 23 janvier . Si ces projections sont validées par les rapports définitifs, elles confirmeront une tendance lourde au déclin, marquant la deuxième année consécutive de contraction de l’activité extractive depuis le pic de 2023. Cette érosion de la production nationale soulève des enjeux majeurs pour l’économie du pays, dont l’or demeure le principal produit d’exportation.

Sur le plan quantitatif, les chiffres révèlent l’ampleur de la dégradation des rendements. Les mines industrielles n’ont cumulé que 42,2 tonnes d’or en 2025, un volume en net retrait comparé aux 54,8 tonnes produites en 2024 et aux 66,48 tonnes atteintes en 2023. En l’espace de deux ans, le Mali a ainsi vu sa capacité de production industrielle amputée de plus d’un tiers. Ce recul systémique fragilise la position du pays sur l’échiquier minier continental et réduit mécaniquement les recettes fiscales et les redevances attendues par le Trésor public malien.

Le facteur déterminant de cette contre-performance réside dans l’arrêt brutal des activités du complexe aurifère de Loulo-Gounkoto. Fleuron de l’industrie minière locale, ce site a été au cœur d’un contentieux majeur entre l’opérateur canadien Barrick Mining et l’État malien. L’escalade des tensions a conduit à une interruption des opérations dès janvier 2025, suivie d’une mise sous administration provisoire en juin. En conséquence, la production de ce complexe s’est effondrée, passant de 22,5 tonnes en 2024 à seulement 5,5 tonnes pour l’exercice 2025, illustrant l’impact direct du risque politique sur les performances extractives.

Malgré cette crise localisée à Loulo-Gounkoto, le Mali conserve un tissu minier industriel diversifié qui tente de maintenir la résilience du secteur. Des actifs majeurs tels que la mine de Fekola, exploitée par B2Gold, et celle de Sadiola, sous l’égide d’Allied Gold, continuent de structurer l’offre nationale. Néanmoins, l’avenir de la production aurifère dépendra de la résolution des différends contractuels et de la capacité des autorités à stabiliser le climat des affaires, afin que ces acteurs puissent compenser le vide laissé par les difficultés du complexe Loulo-Gounkoto.

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