La Guinée-Bissau a franchi une étape institutionnelle déterminante avec l’adoption, ce mardi 13 janvier, par le Conseil national de transition (CNT), d’une révision substantielle de la Constitution, la première depuis 1995. Cette réforme redéfinit l’architecture du pouvoir exécutif en renforçant les prérogatives du Président de la République, désormais également Chef du gouvernement, tout en maintenant le cadre d’un régime semi-présidentiel.
Pour les autorités de transition, cette évolution vise à corriger les fragilités structurelles du système institutionnel bissau-guinéen, souvent marqué par des conflits de compétences entre l’exécutif et le législatif. En recentrant le pouvoir exécutif autour d’un leadership plus affirmé, le texte entend améliorer la stabilité politique et l’efficacité de l’action publique, deux paramètres clés pour la relance économique et la crédibilité de l’État.
Sur le plan économique, cette révision est perçue comme un signal adressé aux partenaires techniques et financiers. Une gouvernance plus lisible et des chaînes décisionnelles clarifiées sont susceptibles de renforcer la prévisibilité des politiques publiques, condition essentielle à l’attractivité des investissements et à la mise en œuvre des programmes de développement.
Trente ans après la dernière réforme constitutionnelle, ce changement ouvre ainsi un nouveau cycle institutionnel. Reste désormais l’enjeu de son application effective et de son acceptation par l’ensemble des forces politiques et sociales, déterminantes pour inscrire la Guinée-Bissau dans une trajectoire durable de stabilité, de croissance et de coopération internationale renforcée.
En rappel, le pays est dirigé depuis le 26 novembre dernier par des militaires qui, après avoir destitué le président Umaro Sissoco Embaló, ont suspendu le processus électoral en cours. A leur tête, le général Horta N’Tam, un proche du président déchu.



