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France : décès du constitutionnaliste Albert Bourgi

Constitutionnaliste et professeur de droit public connu pour ses engagements à gauche, Albert Bourgi est décédé le 7 janvier, à Paris, en début d’après-midi. Il venait de fêter son 84ème anniversaire. Né à Dakar le 1er janvier 1942 et ayant grandi à l’ombre de son père Mahmoud Bourgi, grand commerçant et personnage influent de l’ex-Afrique…

Constitutionnaliste et professeur de droit public connu pour ses engagements à gauche, Albert Bourgi est décédé le 7 janvier, à Paris, en début d’après-midi. Il venait de fêter son 84ème anniversaire.

Né à Dakar le 1er janvier 1942 et ayant grandi à l’ombre de son père Mahmoud Bourgi, grand commerçant et personnage influent de l’ex-Afrique Occidentale Française (AOF) proche de Jacques Foccart, le frère aîné de l’avocat et lobbyiste Robert Bourgi était professeur émérite des université, connu pour prises de position politiques mêlant la défense du légalisme en Afrique à la dénonciation du postcolonialisme voire de l’impérialisme. Agrégé de droit public, il a longtemps enseigné à l’Université de Reims sur l’Etat de droit et la démocratie sur le continent.

En plus de ses activités universitaires, Albert Bourgi a collaboré, de 1988 à 2002, à l’hebdomadaire Jeune Afrique comme éditorialiste. Une fonction qu’il prendra à cœur pour défendre farouchement l’image d’une Afrique pluraliste et démocratique émergente, notamment lors des grandes conférences nationales du début des années 1990, période qu’il commentera dans un ouvrage co-écrit avec le journaliste Christian Casteran Le Printemps de l’Afrique (Hachette, 1991)

Débateur hors-pair et infatigable conférencier, Albert Bourgi avait noué des relations fraternelles avec de nombreuses personnalités africaines. Si son frère Robert, également professeur de droit public, officiait à droite de l’échiquier politique, Albert Bourgi a, inversement, évolué toute sa vie à gauche, entretenant de solides réseaux et amitiés avec des figures comme Guy Labertit, délégué national du Parti Socialiste français chargé de l’Afrique de 1993 à 2006, Alpha Condé ou surtout Laurent Gbagbo, ami pour la vie et pour lequel il affichera une fidélité définitive, y compris aux pires heures de la crise politique de 2010 – 2011. Soutien que ses contempteurs n’hésiteront pas à qualifier « d’aveuglement ».

Ces amitiés reposaient sur les hommes en dehors de tout calcul politique. Si Albert Bourgi a fréquenté et accompagné de nombreux opposants dont il partageait les combats et les idéaux, jamais sa relation ne sera altérée par l’accession de ces derniers à la magistrature suprême dans leur pays. Aucun reniement, prise de distance, encore moins un poste officiel. On lui doit une condamnation virulente du sort réservé au patron du Front Populaire Ivoirien (FPI) après la présidentielle de 2010, en Côte d’Ivoire. S’en suivront également des critiques acerbes d’instances internationales comme la Cour Pénale Internationale (CPI), qu’il considèrera comme inféodée aux grande puissances occidentales. Albert Bourgi ne reconnaîtra d’ailleurs jamais les résultats de la présidentielle de 2010, en Côte d’Ivoire, les estimant non certifiés.

Pourfendeur de la Françafrique, Albert Bourgi se brouillera plusieurs années avec son frère Robert, hérault de ce système dont il contestait les méthodes. Pour autant, « les frères Bourgi pourraient presque constituer une SARL des réseaux africains », aimait-il à répéter. Les deux frères se réconcilieront par la suite.

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