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Cameroun – Scandale de l’or : 15 tonnes évaporées, le ministre Fuh Calistus Gentry compte 22 kilos

Dans un communiqué publié le 29 décembre 2025, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique par intérim, Fuh Calistus Gentry, reconnaît noir sur blanc un écart abyssal entre les volumes d’or officiellement exportés par le pays et ceux enregistrés dans les statistiques internationales. Le chiffre est accablant : 15 tonnes d’or sorties…

Dans un communiqué publié le 29 décembre 2025, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique par intérim, Fuh Calistus Gentry, reconnaît noir sur blanc un écart abyssal entre les volumes d’or officiellement exportés par le pays et ceux enregistrés dans les statistiques internationales. Le chiffre est accablant : 15 tonnes d’or sorties du circuit officiel. Face à ce gouffre, l’administration oppose un décompte dérisoire : 22 kilos.

Les révélations de l’ITIE ont agi comme un révélateur brutal. D’un côté, une production aurifère bien réelle ; de l’autre, des exportations officielles faméliques. Entre les deux, un trou noir. Pour expliquer l’inexplicable, le ministre Fuh Calistus Gentry invoque la porosité des frontières terrestres, utilisées par des exploitants — souvent venus de pays voisins — pour faire transiter l’or vers les Émirats arabes unis, le Cameroun servant alors de simple pays d’origine de façade.

L’argument est commode. Il déplace la responsabilité vers les frontières, les voisins, les circuits informels. Mais il évite l’essentiel : comment un État peut-il perdre 15 tonnes d’or sans mécanisme de traçabilité, sans contrôle douanier crédible, sans alerte fiscale sérieuse ? À ce niveau, il ne s’agit plus d’orpailleurs clandestins, mais d’un système défaillant, sinon complaisant.

Dans son communiqué, le ministre par intérim se veut rassurant. Le gouvernement, assure-t-il, travaille à faire du secteur aurifère « une mine exceptionnelle de ressources financières », capable d’élargir l’assiette fiscale et de renforcer les réserves d’or de l’État. Des promesses recyclées, déjà entendues, pendant que l’or, lui, continue de filer.

Pris à la gorge par l’ampleur du scandale, Fuh Calistus Gentry brandit désormais la menace. Dès janvier 2026, plusieurs sites miniers seront fermés afin de « mettre fin à l’hémorragie financière ». Une réponse tardive, presque désespérée, face à un pillage qui ne date ni d’hier ni de ce seul exercice.

Car fermer quelques sites ne suffira pas à masquer l’essentiel : 15 tonnes d’or ne disparaissent pas par négligence, mais par organisation. Et tant que la gouvernance minière restera un angle mort de l’État camerounais, l’or continuera de s’évaporer… pendant que les communiqués, eux, pèsent toujours 22 kilos.

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