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USA–Venezuela : Maduro « capturé » selon Trump. Le droit international noyé par le pétrole

Il y a, dans les explosions qui ont secoué Caracas à l’aube de ce samedi 3 janvier 2026, un air de déjà-vu. Celui du printemps 2003, lorsque Washington lançait l’invasion de l’Irak au nom d’armes de destruction massive qui ne furent jamais trouvées. Vingt-trois ans plus tard, le scénario semble se répéter, avec un autre…

Il y a, dans les explosions qui ont secoué Caracas à l’aube de ce samedi 3 janvier 2026, un air de déjà-vu. Celui du printemps 2003, lorsque Washington lançait l’invasion de l’Irak au nom d’armes de destruction massive qui ne furent jamais trouvées. Vingt-trois ans plus tard, le scénario semble se répéter, avec un autre décor, un autre prétexte, mais le même enjeu central : le pétrole.

En annonçant que le président vénézuélien Nicolás Maduro aurait été « capturé et exfiltré » à l’issue d’une « attaque à grande échelle », Donald Trump a jeté une allumette dans un baril déjà saturé de tensions. Le plus troublant n’est pas tant la déclaration elle-même que le silence qui l’a suivie : ni la Maison-Blanche ni le Pentagone n’ont confirmé les frappes, tandis que le Conseil de sécurité de l’ONU, lui, brillait par son mutisme. Les premières condamnations sont venues d’ailleurs : de Téhéran, de La Havane, de Bogotá. Pas de New York.

Ce silence institutionnel contraste avec la brutalité des faits rapportés : explosions dans la capitale, survols aériens présumés, déploiement préalable d’une flotte américaine dans les Caraïbes. Il contraste surtout avec la gravité de ce qui se joue. Car derrière l’accusation de narcotrafic brandie par Washington — réelle pour certains réseaux, instrumentalisée pour d’autres — se profile un objectif autrement plus stratégique : reprendre la main sur les ressources vénézuéliennes.

Le Venezuela n’est pas un État quelconque. Il détient les premières réserves prouvées de pétrole au monde. Une manne qui, depuis près d’un siècle, façonne sa trajectoire politique et son rapport conflictuel avec les États-Unis. Dès les années 1950, Rómulo Betancourt renonçait à nationaliser le pétrole, convaincu que l’économie du pays ne survivrait pas à des sanctions américaines. En 1976, la création de Petróleos de Venezuela SA marquait pourtant un tournant historique : l’État reprenait le contrôle de son sous-sol. Une décision que l’« ouverture pétrolière » des années 1990 avait partiellement remise en cause, en laissant revenir les majors internationales.

L’arrivée d’Hugo Chávez en 1999 a rebattu les cartes. Nationalisations, reprise en main de PDVSA, discours anti-américains : pour Washington, le Venezuela devenait un ennemi stratégique. Les tentatives de déstabilisation ont suivi, ouvertes ou clandestines, jusqu’à ce que l’actuel président américain laisse échapper ce qui ressemble à un aveu : « Ils nous ont pris tout notre pétrole. Nous voulons le récupérer. »

Tout est là. Le reste — narcotrafic, démocratie, sécurité régionale — n’est que décor rhétorique. Comme en Irak hier, comme ailleurs aujourd’hui, le droit international semble soluble dans l’or noir. Les Nations unies observent, divisées. Les grandes puissances se taisent. Et un pays souverain vacille sous la pression d’une realpolitik assumée.

Au-delà du sort personnel de Nicolás Maduro, au-delà même du régime vénézuélien, la question posée est simple et vertigineuse : dans l’ordre mondial actuel, un État riche en ressources a-t-il encore le droit de disposer librement de son sous-sol ? Ou bien le pétrole, une fois de plus, aura-t-il raison du droit.

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