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BVMAC : l’IPO de BGFI prolongée au 7 février

BGFI Holding Corporation, maison mère du groupe BGFIBank, a annoncé la prolongation de la période de souscription de son introduction en Bourse sur la BVMAC. La décision du report de l’IPO constituée d’une offre globale de 125,9 milliards de FCFA,  a été prise conformément aux dispositions réglementaires, en concertation avec les autorités de marché et…

BGFI Holding Corporation, maison mère du groupe BGFIBank, a annoncé la prolongation de la période de souscription de son introduction en Bourse sur la BVMAC. La décision du report de l’IPO constituée d’une offre globale de 125,9 milliards de FCFA,  a été prise conformément aux dispositions réglementaires, en concertation avec les autorités de marché et l’ensemble des intervenants de l’opération. Selon l’émetteur, cette prolongation d’une opération qui a commencé depuis le 10 novembre  s’inscrit dans une dynamique de marché marquée par un intérêt significatif, tant de la part des investisseurs institutionnels que des particuliers. BGFI explique avoir souhaité offrir une opportunité supplémentaire aux investisseurs désireux de participer à une opération qualifiée de structurante, tout en tenant compte des contraintes opérationnelles et calendaires propres au marché régional.

L’allongement du délai doit permettre d’élargir l’accès à l’IPO, de répondre aux sollicitations exprimées par le marché et de laisser aux investisseurs le temps nécessaire pour mobiliser les ressources financières requises. Les autres paramètres de l’opération demeurent inchangés.

Cette lecture est toutefois nuancée par les analystes, qui estiment que l’intérêt exprimé ne s’est que partiellement traduit en souscriptions effectives. Le timing de l’opération est jugé peu favorable dans un contexte de liquidité contrainte et de préférence marquée pour les placements de taux. Les marchés actions, en particulier sur les places d’Afrique centrale, restent caractérisés par une sélectivité élevée et une aversion persistante au risque. La valorisation proposée constitue un autre point de discussion. Elle intègre largement le parcours historique du groupe, fort de plus de 50 ans d’activité bancaire, d’une présence dans 12 pays et de plus de 3 000 collaborateurs. Les investisseurs, eux, privilégient une approche prospective et estiment que le prix laisse une marge limitée pour absorber les risques macroéconomiques, réglementaires et souverains. Le livre d’ordres apparaît par ailleurs dominé par des investisseurs domestiques et régionaux, tandis que la participation des investisseurs étrangers demeure limitée.

Cette configuration pèse sur les anticipations de liquidité post-cotation et sur le potentiel de revalorisation du titre. Le risque souverain gabonais continue d’agir comme un plafond implicite de valorisation, indépendamment de la performance opérationnelle du groupe. Enfin, certains observateurs relèvent une ambiguïté de gouvernance. Le rôle central de Henri-Claude Oyima, figure historique et principal artisan du développement de BGFIBank, est unanimement reconnu. Néanmoins, l’exercice concomitant de responsabilités exécutives au sein du groupe et de fonctions publiques est perçu par une partie du marché comme un facteur de complexité supplémentaire, notamment pour les investisseurs soumis à des exigences strictes en matière de gouvernance.

La prolongation de la période de souscription apparaît ainsi comme une mesure d’ajustement visant à concilier le discours de confiance de l’émetteur et la prudence des investisseurs. Elle traduit moins un désaveu du dossier qu’un engagement progressif et sélectif du marché, dans lequel la solidité passée du groupe est reconnue, mais où la visibilité sur la création de valeur future reste déterminante.

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