La Gambie a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de résilience climatique et de développement inclusif avec le lancement officiel, le 23 décembre 2025 à Banjul, du programme de moyens de subsistance du Projet d’investissement pour la résilience des zones côtières d’Afrique de l’Ouest West Africa Coastal Areas (WACA). Portée par un financement global de 45 millions de dollars, cette initiative vise à répondre aux défis croissants des inondations, de la pollution et de la précarité socioéconomique dans les zones côtières, notamment autour du ruisseau Kotu, l’un des points les plus vulnérables du Grand Banjul.
Présidant la cérémonie, le chef de l’État gambien, Adama Barrow, a rappelé le contexte ayant conduit à cette initiative. « Lors des inondations dévastatrices de 2022, j’ai promis que mon gouvernement prendrait des mesures urgentes pour protéger les populations, en particulier dans les zones densément peuplées », a-t-il déclaré. Moins d’un an plus tard, le projet WACA était lancé, s’inscrivant dans une dynamique régionale soutenue par la Banque mondiale pour la protection des ressources côtières ouest-africaines.
Au cœur du dispositif, le programme WACA Project Livelihoods mobilise cinq millions de dollars pour soutenir directement 4 000 bénéficiaires sur deux ans. La première phase prévoit un appui de 1,6 million de dollars à 1 500 bénéficiaires, incluant des entreprises individuelles, des groupements communautaires et des organisations agricoles opérant le long du cours d’eau de Kotu. Les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap figurent parmi les cibles prioritaires, avec des activités orientées vers l’agriculture urbaine, la gestion des déchets, l’entrepreneuriat social, la production artisanale et d’autres secteurs à fort impact local.
Pour le président Barrow, la résilience ne peut être dissociée de l’inclusion sociale. « Une véritable résilience exige des investissements dans les infrastructures et les services qui protègent la vie et la dignité des personnes », a-t-il affirmé, soulignant que cette initiative est « ancrée dans le système de protection sociale du gouvernement, garantissant à chaque Gambien une chance équitable dans la vie ».
Au-delà de l’appui économique, le projet WACA contribue également au renforcement institutionnel. Il a déjà favorisé l’adoption de textes structurants, notamment la première loi gambienne sur le changement climatique, une politique foncière nationale et un cadre de gestion des risques de catastrophe, tout en renforçant les capacités techniques de plus d’une centaine de fonctionnaires.
S’inscrivant dans le Plan national de développement « Yiriwa » et dans la vision d’une économie résiliente face au changement climatique, le programme WACA apparaît comme un levier stratégique pour transformer la vulnérabilité environnementale en opportunité de croissance inclusive. « Ce programme vise autant le soutien financier que l’autonomisation, la dignité et l’estime de soi », a conclu le président Barrow, appelant les bénéficiaires et les partenaires à un engagement responsable et durable.
À travers cette initiative, la Gambie affirme ainsi son ambition de conjuguer action climatique, cohésion sociale et développement économique, envoyant un signal fort aux partenaires internationaux sur sa volonté de bâtir un modèle de croissance résilient et inclusif.




