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A Londres, la BAD vise un objectif de 25 milliards de dollars pour le FAD

La Banque africaine de développement (BAD) a lancé, ce lundi 15 décembre à Londres, une conférence de deux jours dédiée à la mobilisation de ressources pour le Fonds africain de développement (FAD), son guichet concessionnel destiné aux pays africains à faible revenu. L’institution panafricaine vise une enveloppe de 25 milliards de dollars, un objectif aujourd’hui…

Dr Sidi Ould Tah, président de la Banque Africaine de Développement (BAD).

La Banque africaine de développement (BAD) a lancé, ce lundi 15 décembre à Londres, une conférence de deux jours dédiée à la mobilisation de ressources pour le Fonds africain de développement (FAD), son guichet concessionnel destiné aux pays africains à faible revenu. L’institution panafricaine vise une enveloppe de 25 milliards de dollars, un objectif aujourd’hui fragilisé par le recul de l’engagement des États-Unis.

Plus tôt cette année, l’administration Trump a en effet suspendu un versement de 197 millions de dollars promis lors du précédent cycle de reconstitution du FAD. Cette décision alimente les incertitudes sur la contribution américaine à la nouvelle ronde de financement. Si Washington a confirmé l’envoi d’un représentant à la conférence, aucun engagement financier ferme n’a été annoncé à ce stade.

Selon Valerie Dabady, responsable de la mobilisation des ressources et des partenariats à la BAD, l’absence d’une contribution américaine laisserait un déficit potentiel de 560 millions de dollars, difficile à combler par les autres partenaires traditionnels.

Selon Reuters, en septembre dernier, un porte-parole du Trésor américain indiquait à l’agence que les États-Unis souhaitaient « ramener le FAD à sa mission principale de promotion de la croissance économique et de réduction de la pauvreté dans les pays africains les plus pauvres », sans davantage de précisions. Ce repositionnement s’inscrit dans un mouvement plus large de réduction du soutien américain aux institutions multilatérales, illustré notamment par la baisse de 800 millions de dollars de la contribution à l’Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale, ramenée à 3,2 milliards de dollars.

Financement pour les pays africains vulnérables

Reconstitué tous les trois ans, le Fonds africain de développement a mobilisé 45 milliards de dollars en faveur de 37 pays africains à faible revenu depuis 1972, finançant des projets structurants dans l’irrigation, les infrastructures routières et l’énergie.

Contrairement au guichet non concessionnel de la BAD, le FAD propose des subventions et des prêts à faible coût, avec des maturités supérieures à 20 ans. Son rôle est devenu central dans un contexte marqué par l’alourdissement de la dette publique, la contraction de l’aide internationale et le durcissement des conditions sur les marchés de capitaux.

L’on rappelle que lors du précédent cycle de reconstitution, achevé fin 2022, les États-Unis représentaient près de 7 % d’un total de 8,9 milliards de dollars, figurant parmi les cinq principaux donateurs aux côtés de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni et du Japon.

Engagements en hausse

Face au retrait américain, plusieurs pays ont annoncé un renforcement de leur soutien. Le Danemark a ainsi indiqué en octobre qu’il augmenterait sa contribution de 40 %, à 1,1 milliard de couronnes danoises (environ 171 millions de dollars). La Norvège a, pour sa part, promis une hausse de près de 6 % le mois dernier. Les pays africains entendent également prendre une part plus active. Le président kényan William Ruto a engagé 20 millions de dollars l’an dernier, tandis que le Bénin, le Ghana et la Sierra Leone figurent parmi les contributeurs potentiels, selon la BAD.

Parallèlement, le Fonds travaille à la mise en place d’une stratégie visant à lever 5 milliards de dollars de financements d’amorçage sur les marchés de capitaux à chaque cycle, tout en renforçant les partenariats avec les organisations philanthropiques.

Pour la BAD, l’enjeu est clair : sécuriser des ressources suffisantes afin de préserver la capacité du FAD à soutenir les économies africaines les plus vulnérables, dans un environnement international de plus en plus contraint.

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