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Banque de l’AES : en attendant la véritable épreuve, celle de la libération du capital

La Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES) entre dans cette phase intermédiaire où les institutions existent déjà « sur le papier » mais attendent encore de franchir l’obstacle déterminant : la libération effective du capital. Au-delà de la photo protocolaire du 11 décembre montrant le Président de la Transition au Mali et Président…

La Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES) entre dans cette phase intermédiaire où les institutions existent déjà « sur le papier » mais attendent encore de franchir l’obstacle déterminant : la libération effective du capital.

Au-delà de la photo protocolaire du 11 décembre montrant le Président de la Transition au Mali et Président de la Confédération des États du Sahel (AES), le Général d’Armée Assimi Goïta, entouré d’une « haute délégation » conduite par le ministre malien de l’Économie et des Finances, Alousseni Sanou — avec à ses côtés son homologue burkinabè, Dr Aboubakar Nacanabo, et le Premier ministre nigérien, également ministre des Finances, Ali Lamine Zeine — le chantier reste immense.

« La souscription du capital est aisée ; sa libération, autrement plus douloureuse », glisse un vieux routier de la finance africaine, rappelant que la BCID-AES évolue encore davantage dans la sphère impalpable du politique que dans la mécanique rigoureuse du financement du développement. Le capital initial, fixé à 500 milliards de FCFA (environ 890 millions de dollars), devait être libéré depuis le 30 septembre. Le calendrier, lui, a déjà pris plusieurs longueurs de retard.

La réunion de Bamako, de l’aveu même du Dr Nacanabo, n’aura permis que de « valider et signer les statuts », confirmant la naissance juridique de l’institution. Un acte fondateur certes, mais insuffisant dans une industrie où la crédibilité se mesure moins à l’encre apposée qu’à la capacité des États à honorer leurs engagements financiers.
Selon nos informations, une première tranche aurait été libérée et un prélèvement initial arrêté, sans qu’aucun montant ne soit communiqué. Faut-il y voir un secret défense ou un simple embarras comptable ? Le silence, en tout cas, en dit long.

Rappelons que la Banque doit être alimentée par un prélèvement de 5 % sur les recettes fiscales et de 0,5 % sur les taxes à l’importation, un montage audacieux annoncé en juillet. Encore faudra-t-il convaincre le marché financier international que ces projections sont réalistes et que la trajectoire budgétaire des trois pays permettra d’en garantir la régularité. L’architecture, séduisante sur le plan théorique, attend maintenant sa confrontation au réel.

En attendant la libération effective du capital, la BCID-AES demeure une promesse — ambitieuse, stratégique, mais encore suspendue au verdict des trésoreries nationales.

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