La 47ᵉ réunion ordinaire du conseil des gouverneurs de l’Association des banques centrales africaines (ABCA), tenue du 23 au 28 novembre 2025 à Yaoundé, au Cameroun, s’est conclue par la désignation de la Banque centrale du Congo (BCC), à la présidence de la sous-région Afrique centrale pour l’exercice 2025-2026. Ce, en amont de la 48ᵉ réunion annuelle de l’ABCA prévue en 2026 au Kenya.
À ce titre, la BCC, représentée par son gouverneur André Wameso, devra piloter la coordination des travaux techniques et l’orientation des priorités régionales jusqu’à la prochaine réunion statutaire de l’ABCA.
Au cœur des réflexions de cette 47ᵉ session tenue sous le thème « Changement climatique et stabilité macroéconomique : rôle des banques centrales », les banquiers centraux ont abordé les implications économiques du changement climatique sur la croissance, l’inflation et la stabilité financière. Les banques centrales africaines ont particulièrement examiné la manière d’intégrer le risque climatique dans leurs politiques monétaires et prudentielles, tout en favorisant le financement durable, la mobilisation d’instruments verts et une meilleure synergie entre institutions financières, gouvernements et milieux académiques. Le but : formuler des recommandations opérationnelles pour concilier stabilité macroéconomique et transition vers une économie bas-carbone.
Parmi les points majeurs examinés figurait l’état d’avancement du Programme de Coopération Monétaire en Afrique (PCMA).
Selon les gouverneurs, 12 banques centrales sur 53 ont rempli les cinq critères de convergence macroéconomique de premier rang en 2024. Mais seuls 3 pays sur les 53 ont satisfait aux trois critères de second rang. Des résultats qui, ont-ils indiqué, soulignent la nécessité d’intensifier les efforts d’harmonisation avant la mise en place future d’une monnaie africaine unifiée.
Pour la BCC, la présidence de la sous-région Afrique Centrale représente à la fois un levier diplomatique et une responsabilité opérationnelle. Elle lui offre l’opportunité de contribuer plus activement à l’agenda d’intégration financière africaine, dans un contexte où les enjeux climatiques redessinent les priorités macroéconomiques.
Pour rappel, l’Association des Banques Centrales Africaines a vu le jour à la suite d’une initiative adoptée le 25 mai 1963 à Addis-Abeba, lors de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). L’ABCA avait été créée pour instaurer un cadre de coopération monétaire entre les banques centrales du continent, en collaboration avec les gouvernements et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA).




