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Sénégal : la CENTIF anticipe sa troisième évaluation mutuelle et renforce son dispositif de conformité

La Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) a célébré, ce jeudi 27 novembre, ses vingt années d’activité à l’occasion d’un colloque consacré au thème : « 20 ans de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme : la Centif en marche vers 2035 ». Cette rencontre à laquelle ont…

La Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) a célébré, ce jeudi 27 novembre, ses vingt années d’activité à l’occasion d’un colloque consacré au thème : « 20 ans de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme : la Centif en marche vers 2035 ». Cette rencontre à laquelle ont pris part de nombreuses personnalités dont le ministre des Finances, Cheikh Diba ; de la Justice, Yacine Fall ; du directeur national de la BCEAO, François Etienne D. Sène, ainsi des partenaires techniques et financiers de la Cellule, intervient alors que l’institution s’engage dans une phase stratégique : la préparation de sa troisième évaluation mutuelle, un exercice déterminant pour la crédibilité du dispositif national de lutte contre les flux financiers illicites.

Selon Tafsir Hane, conseiller technique, la Centif élabore actuellement un plan de remédiation « destiné à renforcer la maîtrise des risques liés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme ». Cette démarche s’inscrit dans les missions fondamentales de la Cellule, qui consistent à collecter et analyser les déclarations d’opérations suspectes, à produire des renseignements financiers exploitables, puis à les transmettre au Pool judiciaire financier, « seule autorité habilitée à engager des poursuites ». La Centif, a-t-on rappelé, assure également la coopération avec les partenaires nationaux et internationaux, tout en contribuant à la prévention et à l’amélioration continue de la conformité du système aux standards internationaux.

Insistant sur l’indépendance de la structure, ses responsables rappellent que les mandats ont été conçus pour prévenir toute interférence : cinq ans non renouvelables pour le président, trois ans renouvelables une fois pour les autres membres. « La Centif fait l’objet de critiques parce qu’elle traite des dossiers sensibles qui intéressent la presse », a expliqué le président Cheikh Moustapha Bamba Siby, estimant que la médiatisation récente reflète davantage l’intérêt public pour les affaires traitées que le fonctionnement interne de la Cellule.

Pour sa part, le directeur des Affaires juridiques, Alioune Diouf, a fait noter que la Centif n’est pas une autorité judiciaire mais un service de renseignement financier agissant selon des règles strictes ; elle ne s’autosaisit pas et ne mène aucune poursuite. Ses rapports, souvent contestés dans le débat public, sont transmis « conformément à la procédure à la chaîne judiciaire spécialisée ».

Après avoir corrigé plusieurs insuffisances structurelles, la Centif est sortie de la « liste rouge », retrouvant la confiance de ses partenaires techniques et financiers. Une avancée qui lui permet d’aborder avec davantage de crédibilité la troisième évaluation mutuelle, une étape capitale pour la solidité du système financier sénégalais et l’alignement du pays sur les standards du GAFI et du GIABA.

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