Secoué par une »problématique de la dette » avec un passif estimé à 111,4 % de son PIB, selon une réévaluation du FMI, le Sénégal se positionne sur une nouvelle base économique (rebasing) pour rendre sa trajectoire de la dette plus saine et attirer les investisseurs.
En effet, l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographique (ANSD) a annoncé ce mardi 25 novembre, avoir procédé à un « rebasing » de ses comptes nationaux. Désormais, souligne l’institution statistique, l’ensemble des agrégats macroéconomiques », ont pour base l’année 2021 en remplacement de celle 2014.
En procédant au rebasage, le PIB du Sénégal bondit de 13,5 % à 17 316 milliards FCFA, comparé à l’année de référence 2014, contre 15261 milliards FCFA.
Cette revalorisation en valeur absolue de 2054,7 milliards FCFA, s’explique essentiellement par « une prise en compte de nouvelles enquêtes et des améliorations de couverture qui ont contribué à hauteur de 11,6 points », selon l’ANSD.
Baisse systémique du ratio dette /PIB
Avec cette nouvelle base, le ratio dette /PIB, évalué à 105,7 % du PIB fin 2024 par le Fonds Monétaire International (FMI), va connaître une baisse avec cette amélioration du principal indicateur de mesure de création de richesse du pays.
Cette baisse du ratio, va améliorer la viabilité de la dette, un indicateur clef, très suivi par les bailleurs de fonds, le FMI, les agences de notation financières, les investisseurs entres autres pour investir et soutenir financièrement le pays.
Vers une bouffée d’oxygène du FMI
Le FMI et le Sénégal, qui ne sont plus dans la même longueur d’onde depuis quelque temps, avec notamment une « dette cachée », qui a fait explose le ratio de la dette du pays, pourront sans doute trouver un nouveau compromis avec l’élaboration du nouveau programme d’aide financière, suspendus jusqu’à présent par l’institution pointant du doigt un aggravement du déficit budgétaire (14% du PIB) et un ‘’endettement insoutenable’’ avec une dette publique estimée à 132 % du PIB fin 2024.
Avec cette nouvelle mise à jour des agrégats économiques, avec notamment, le solde budgétaire, qui passe de -13,3 % à -11,8 % en 2021 , et le taux d’endettement public ressorti à 80% en 2021, contre 90,8 % du PIB avec l’ancienne base , le FMI pourrait revoir sa copie et accélérer la signature d’un nouveau programme. Ce décaissement tant attendu par le pays de la téranga, va donner une nouvelle impulsion à l’économie sénégalaise, qui continue sa descente aux enfers avec une dégradation de sa note souveraine par les principales agences de notation financières. Le dernier en date celle de S&P Global, qui a abaissé sa note souveraine à long terme de « B- » à « CCC+ », évoquant une situation précaire de l’endettement du pays.



