Face à la montée de la menace djihadiste dans leurs septentrions, les deux pays d’Afrique de l’Ouest se rapprochent inéluctablement de Moscou pour assurer leur sécurité au moment où la France tente de préserver son influence.
Si elles ne datent pas d’aujourd’hui, les relations entre la Fédération de Russie et le Bénin et le Togo se sont singulièrement renforcées, ces dernières semaines, dans le domaine sécuritaire et militaire. En visite à Moscou, le 19 novembre, le président Togolais, Faure Gnassingbé, a finalisé un accord de coopération militaire sans précédent. Un virage remarqué pour ce pays de la sphère francophone qui, par le passé, avait plutôt misé sur Paris pour sa défense.
On doit, par exemple, au général Français Raymond Germanos (décédé en 2023), qui fut chef de cabinet militaire des ministres de la Défense Charles Millon et Alain Richard, puis conseiller Défense du président togolais, d’avoir créé les Bataillons d’Intervention Rapide (BIR), basés respectivement au Nord et au Sud de ce pays. Deux groupes d’élites longtemps salués pour leur efficacité.
Bien que la France demeure un partenaire important dans la vente d’armements à Lomé, cet accord fait monter Moscou dans la stratégie de sécurisation du Togo. Il prévoit des programmes d’instructions et de formations des Forces Armées Togolaises (FAT), de la livraison d’armements, de l’assistance dans le renseignement militaire ou encore l’organisation d’opérations conjointes.
Cet accord fait suite à la signature, en juillet dernier, d’un accord semblable avec le Bénin, pays voisin du Togo également sous la menace des groupes armés (Al-Qaïda au Maghreb Islamique et État Islamique en Afrique de l’Ouest – ISWAP), lesquels multiplient les incursions transfrontalières à partir du Niger. Au Togo et au Bénin, cette coopération suivie de près par l’ambassadeur russe compétent pour ces deux pays, Igor Evdokimov, doit également permettre une facilitation d’accès des ports de Lomé et de Cotonou aux navires russes.
Ce rapprochement interpelle la présence militaire française. Après son retrait des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES/Burkina Faso, Mali et Niger), Paris tente, en effet, de réorganiser sa coopération militaire en misant désormais sur les pays du golfe de Guinée. Du 14 au 19 novembre 2024, la France avait organisé un exercice militaire conjoint avec le Bénin baptisé « Zangbétô ».




