Aucun blocage entre le Gabon et le FMI. Selon des sources autorisées au ministère des Finances, Libreville et l’institution de Bretton Woods ont convenu d’un calendrier pour la présentation, d’ici fin 2026, des données économiques consolidées, en particulier celles des exercices 2025 et 2026, essentielles au suivi des réformes structurelles engagées depuis l’avènement de la 5ᵉ République.
En parallèle, le ministère des Finances, conduit par Henri-Claude Oyima, finalise le Budget 2026, fort des premiers résultats d’une restructuration budgétaire profonde : centralisation de la Caisse du Trésor, rationalisation de la dette intérieure, et intégration des revenus du champ pétrolier d’Assala dans les recettes publiques. Des réformes scrutées de près par le FMI, pour qui, malgré l’absence de programme avec décaissement, « la relation demeure active », notamment à travers l’assistance technique convenue lors de la mission de novembre 2025. Le Fonds a d’ailleurs salué des orientations jugées « solides » et des réformes « courageuses ».
Sur le plan régional, la situation reste tendue. Lors de la réunion de la CEMAC des 07 et 08 octobre 2025 à Malabo, le constat était clair : aucun pays de la zone ne respectait l’ensemble des quatre critères de convergence, à savoir un solde budgétaire supérieur à –1,5 % du PIB, une inflation inférieure ou égale à 3 %, un stock de dette sous les 70 % du PIB, et l’absence d’arriérés de paiement. Les dernières données officielles (2024) montrent que trois pays — Cameroun, République centrafricaine et Guinée équatoriale — respectent deux critères, tandis que le Gabon, le Congo et le Tchad n’en remplissent qu’un seul. Dans le cas du Gabon, seul le critère de l’inflation, à 1,2 %, est conforme. Le stock de dette de Libreville atteint 72,8 % du PIB , légèrement au-dessus du plafond communautaire, et les indicateurs budgétaires et d’arriérés restent sous pression.
Les données pour 2025 et 2026 n’étant pas encore publiées par la CEMAC, toute projection demeure spéculative, opine un haut cadre gabonais en réponse aux bruits médiatiques de ces derniers jours. En tant que ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la lutte contre la vie chère depuis le 5 mai 2025, Henri-Claude Oyima le sait mieux que quiconque, la meilleure relance économique à la portée d’un Etat membre d’une Union Monétaire, passe par le levier budgétaire. En augmentant le Budget du Gabon de 72% à 7 233 milliards de FCFA, il a pris un pari d’optimisme sur l’avenir, bousculant au passage un certain ordre établi. A suivre.




