Le Groupe de soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM) est-il en train de réussir là où il a échoué en 2013 face à la force Serval, à savoir la prise de Bamako. En demandant, le 7 novembre, à tous les ressortissants Français de quitter le Mali de préférence par un vol commercial, le ministère français des Affaires étrangères a pointé la dégradation alarmante de la situation dans ce pays, notamment dans la capitale Bamako. Cet appel vient après celui d’une vingtaine d’autres pays parmi lesquels les États-Unis, l’Australie, le Japon, l’Espagne, le Canada, la Lituanie, Taïwan, la Corée du Sud, Israël ou encore l’Italie et le Royaume Uni.
Par ce message alarmant Paris, qui dispose de quelque 4500 ressortissants au Mali, a ainsi emboîté le pas à la majorité des chancelleries présentes dans ce pays. Cet appel est la suite logique du contexte fortement dégradé depuis l’avancée significative du groupe djihadiste emmené par Iyad Ag Ghaly. Depuis sa récente prise, courant octobre, des villes de Kayes et de Nioro et de leurs environs, le groupe affilié à Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) bloque la Nationale n°1 reliant la Sénégal à Bamako. Par cette route passe une majorité de fret. Le même scénario se produit sur les principales routes reliant le Mali à la Côte d’Ivoire.
Le JNIM mise notamment sur la pénurie de carburant par l’interception et la destruction de nombreux camions citernes chargés de ravitailler la capitale malienne. Une stratégie qui vise à faire chuter la junte dirigée par Assimi Goïta, au pouvoir depuis 2020. Elle a d’ores et déjà des conséquences sur l’ensemble du tissu économique bamakois et se traduit très concrètement par l’arrêt de plusieurs secteurs. Le chargeur MSC a d’ores et déjà annoncé avoir stoppé ses activités.
En janvier 2013, la France était intervenue à la demande du président malien par intérim, Dioncounda Traoré, pour empêcher le même groupe de fondre sur la capitale à partir de quelque 200 pick-up en provenance du Nord du pays. Depuis, les relations avec Paris se sont fortement dégradées, le Mali préférant s’ouvrir à d’autres partenaires comme la Russie, étonnamment absent depuis cette nouvelle offensive djihadiste. Elle s’était notamment traduite par le renvoi de l’ambassadeur Joël Meyer, début 2022.



