Le coup d’Etat orchestré contre l’ex-président malgache Andry Rajoelina par colonel Michaël Randrianirina n’a pas fait douter la Banque centrale (BCM) qui, ce mercredi 5 novembre, a annoncé le maintien de son taux directeur à 12 %. Confirmant ainsi une orientation monétaire prudente dans un contexte national marqué surtout par des tensions économiques et sociales.
Dans son communiqué, l’institution monétaire explique que cette décision vise à préserver la stabilité macroéconomique et à éviter tout déséquilibre monétaire, tout en poursuivant les efforts de maîtrise de l’inflation et de soutien au financement de l’économie réelle.
La banque note toutefois une contraction de l’activité économique au troisième trimestre 2025, conséquence directe de l’instabilité socio-politique observée entre la fin septembre et la mi-octobre. Les mouvements sociaux d’envergure nationale, accompagnés de pillage et d’incendies dans plusieurs régions, ont lourdement en effet affecté la confiance des agents économiques et perturbé les chaînes d’approvisionnement dans la plupart des secteurs productifs.
Effet domino
Selon la BCM, les effets de cette instabilité devraient se faire sentir plus nettement au quatrième trimestre, avant une reprise progressive de l’activité économique en 2026, soutenue par le retour à la stabilité politique et la résilience des secteurs clés tels que l’agriculture, les services et l’industrie extractive.
Malgré ce climat difficile, la Banque centrale réaffirme sa volonté de garantir la stabilité des prix et de préserver la solidité du système financier national, qu’elle considère comme des préconditions essentielles à une reprise durable de la croissance.
Cette décision de statu quo intervient alors que l’inflation demeure sous surveillance, dans un environnement international marqué par des tensions sur les prix de l’énergie et des denrées alimentaires, et une incertitude persistante sur les flux d’investissements étrangers à destination de l’île.




