Le gouvernement de transition du Mali a annoncé, dimanche 26 octobre 2025, la suspension des cours dans toutes les écoles et universités du pays à partir du lundi 27 octobre et jusqu’au dimanche 9 novembre inclus. Cette mesure, d’une durée initiale de deux semaines, intervient dans un contexte de pénurie aiguë de carburant liée au blocus imposé depuis septembre 2025 par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda.
Un blocus stratégique depuis septembre
Selon les autorités maliennes, le JNIM cible systématiquement les camions-citernes en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, deux corridors essentiels pour l’approvisionnement du pays enclavé. Les attaques ont entraîné une raréfaction du gasoil et de l’essence dans plusieurs régions, affectant les transports, la production d’électricité et les services publics.
Le groupe jihadiste présente ce blocus comme une représaille à la décision prise par Bamako, à la fin du mois d’août, d’interdire la vente de carburant hors des stations-service dans les zones rurales. Cette mesure visait, selon le gouvernement, à assécher les circuits d’approvisionnement des groupes armés. En réaction, le JNIM a déplacé le conflit vers un front logistique : l’énergie.
Priorité aux véhicules de secours et de transport public
Dans un communiqué du Comité interministériel de gestion des crises, les autorités ont ordonné que, jusqu’à nouvel ordre, l’approvisionnement soit prioritairement réservé aux ambulances, corbillards, bus interurbains, camions de fret et véhicules de l’État impliqués dans la gestion de crise. Douze stations-service ont été identifiées à Bamako pour cet usage, avec possibilité d’étendre la mesure aux régions.
Une crise de plus dans un pays à genoux
Le Mali vit depuis 2012 une crise sécuritaire majeure marquée par l’implantation de groupes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique au Sahel. Malgré les deux coups d’État militaires de 2020 et 2021, la junte dirigée par le colonel Assimi Goïtapeine à rétablir la sécurité. La tension diplomatique avec l’Algérie et la Mauritanie, deux voisins clés, complique davantage la situation d’un pays privé de débouchés maritimes et dépendant des corridors régionaux pour 80 % de ses importations.
La suspension de l’enseignement illustre la paralysie progressive d’un État sous blocus, où la guerre asymétrique menée par les jihadistes se double désormais d’une guerre économique.
