Le colonel Michael Randrianirina, meneur du coup d’État militaire cette semaine à Madagascar, a prêté serment ce vendredi 17 octobre en tant que président de la République, marquant ainsi la prise officielle du pouvoir par l’armée après plusieurs jours de troubles politiques.
Ce basculement intervient à la suite de manifestations menées par des jeunes, qui ont poussé l’ancien président Andry Rajoelina à fuir le pays. Ce dernier, destitué par le Parlement durant le week-end, a condamné cette prise de pouvoir et affirmé qu’il refusait de démissionner, malgré les défections massives au sein des forces de sécurité.
Lors d’une cérémonie à la Haute Cour constitutionnelle, le colonel Randrianirina a déclaré : « j’assumerai pleinement, complètement et justement les hautes responsabilités de ma fonction de président de la République de Madagascar. » Jurant de défendre l’unité nationale et les droits de l’homme, et d’exercer le pouvoir avec intégrité.
Le nouveau chef de l’État a annoncé la dissolution de toutes les institutions, à l’exception de l’Assemblée nationale, et la création d’un comité de transition dirigé par l’armée. Ce comité devrait gouverner pendant deux ans, en tandem avec un gouvernement provisoire, avant la tenue de nouvelles élections.
Ancien commandant de l’unité d’élite CAPSAT, M. Randrianirina avait déjà joué un rôle dans le coup d’État de 2009 qui avait porté Rajoelina au pouvoir. La semaine dernière, il s’était désolidarisé de ce dernier, appelant les soldats à ne pas tirer sur les manifestants.
Ce nouveau bouleversement politique survient dans un pays en proie à de profondes difficultés socio-économiques. Avec près de 30 millions d’habitants dont la moitié a moins de 20 ans, Madagascar reste l’un des pays les plus pauvres du monde : environ 75 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, et selon la Banque mondiale, le PIB par habitant a chuté de 45 % entre 1960 et 2020.
L’Union africaine et le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, ont unanimement condamné le coup d’État, appelant au retour rapide à l’ordre constitutionnel.
