Le Trésor public du Mali a levé, le 10 octobre 2025, un montant de 28,786 milliards FCFA sur le marché financier régional, au terme d’une émission simultanée de bons et d’obligations assimilables du Trésor. Les titres émis — BAT à 364 jours et OAT à 3 et 5 ans — affichent des rendements moyens respectifs de 7,67 %, 9,32 % et 7,38 %. Sur un montant initialement mis en adjudication de 30 milliards, les soumissions ont atteint 30,557 milliards, soit un taux de couverture de 101,86 %. Le Trésor a retenu 94,2 % des offres reçues.
Ce niveau de rémunération place le Mali dans la tranche haute des taux de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA). À titre de comparaison, le Sénégal affichait fin juillet 2025 des rendements moyens pondérés de 6,68 % pour les OAT 3 ans et 7,57 % pour les OAT 5 ans ; la Côte d’Ivoire se finance à 5,45 % et 5,70 % sur les mêmes maturités ; le Bénin, réputé pour sa discipline budgétaire, emprunte encore plus bas — 5,70 %, 5,90 % et 6,00 % pour 3, 5 et 7 ans. Le Burkina Faso, en revanche, présente des rendements plus élevés (8,01 % à 9,41 %) sur ses émissions d’avril, tandis que le Niger culmine à plus de 11 % pour ses bons à un an.
Ainsi, avec un rendement à 3 ans supérieur de près de 300 points de base à la moyenne régionale, le Mali se situe dans le groupe des émetteurs les plus coûteux de l’UEMOA. Une prime de risque liée à la perception de sa signature souveraine, dans un contexte où le marché demeure sélectif et où les investisseurs recherchent le meilleur équilibre entre rendement et stabilité.
