Par Rodrigue Fénelon Massala, Washington.
Un accord de partenariat stratégique d’un montant estimé à 1,5 milliard de dollars a été signé entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et la société énergétique américaine Hydro-Link LLC, en marge du Forum d’investissement RDC–USA tenu à Washington le 14 octobre 2025. Cet accord prévoit la construction d’une ligne de transport d’électricité transfrontalière de 1 150 kilomètres, reliant l’Angola à la RDC. La signature du Mémorandum d’entente (MoU) a réuni Aimé Sakombi Molendo, ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, et Paul Hinks, PDG de Hydro-Link LLC. La cérémonie s’est déroulée sous la supervision de la Première ministre Judith Suminwa, dont l’implication active a marqué la première journée du forum.
Dans un pays où le déficit énergétique freine encore le développement industriel et minier, ce projet constitue une réponse stratégique. L’interconnexion permettra, dès 2029, d’acheminer vers la Copperbelt congolaise l’excédent d’énergie hydroélectrique produit en Angola, un apport crucial pour les zones d’extraction de cuivre et de minerais stratégiques.
Ce projet s’inscrit pleinement dans le Pilier IV du Programme d’action du Gouvernement, consacré à l’accès aux services fondamentaux, et plus précisément dans l’axe 4.1.1, qui met l’accent sur le développement d’infrastructures électriques structurantes. Il traduit également le retour marqué des investisseurs américains en Afrique, dans une logique de partenariat public-privé. Selon Paul Hinks, cet investissement « fournira 1 200 MW d’électricité fiable et à coût compétitif » à l’Angola et à la RDC. Il a ajouté que le projet « mobilisera des matériaux d’origine américaine, soutenant l’emploi industriel aux États-Unis, tout en générant plusieurs milliers d’emplois locaux ».
Le ministre Sakombi Molendo a, pour sa part, salué « une étape décisive pour la sécurité énergétique et la croissance durable de la RDC », soulignant qu’« en valorisant le surplus hydroélectrique angolais, le pays bâtit les fondations d’un accès stable et propre à l’électricité ». Haim Taib, fondateur du groupe Mitrelli et de la fondation Menomadin, partenaires d’Hydro-Link, a affirmé que ce partenariat « vise à stimuler l’économie régionale par des infrastructures durables » et à « favoriser l’autonomie énergétique et sociale des communautés locales ».
Hydro-Link a d’ailleurs conclu un accord similaire avec le gouvernement angolais, en s’appuyant sur une alliance d’investissement avec le groupe Mitrelli, établi en Suisse. La société américaine Sargent & Lundy, basée à Chicago, assurera le rôle d’ingénieur-conseil et maître d’ouvrage délégué.
Pour Joe Dumbi, conseiller spécial du président de la RDC en charge des investissements et artisan de cette rencontre à Washington, cet accord illustre que la RDC est de retour comme destination d’affaires crédible : « Nous voulons prouver qu’il est désormais possible d’investir dans un environnement plus stable et mieux régulé. »



