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Dette souveraine : l’Éthiopie échoue à trouver un accord avec ses créanciers privés

L’Éthiopie a échoué à conclure un accord avec ses détenteurs d’euro-obligations après plusieurs mois de négociations formelles entamées en 2025. Selon des sources proches du dossier, les discussions n’ont pas permis d’aboutir à une restructuration consensuelle du seul Eurobond du pays, d’un montant de 1 milliard de dollars, arrivé à maturité en décembre 2024. Le…

L’Éthiopie a échoué à conclure un accord avec ses détenteurs d’euro-obligations après plusieurs mois de négociations formelles entamées en 2025. Selon des sources proches du dossier, les discussions n’ont pas permis d’aboutir à une restructuration consensuelle du seul Eurobond du pays, d’un montant de 1 milliard de dollars, arrivé à maturité en décembre 2024.

Le principal point de blocage demeure la nature du problème : les détenteurs de titres estiment que l’Éthiopie souffre d’une crise de liquidité temporaire, donc solvable à moyen terme, tandis que le gouvernement et le Fonds monétaire international (FMI) défendent l’idée d’une insoutenabilité structurelle de la dette, nécessitant une réduction du service global.

Ce désaccord prolonge une situation de défaut de paiement déclarée en décembre 2023, après qu’Addis-Abeba a manqué un coupon de 33 millions de dollars. Depuis, le pays reste exclu des marchés financiers internationaux, fragilisant son programme d’investissement et sa crédibilité budgétaire. En 2024, le gouvernement avait soumis une proposition de restructuration prévoyant une décote (“haircut”) de 20 % sur le principal et l’échange de l’obligation existante contre un nouveau titre remboursable à partir de 2028. Les créanciers privés ont rejeté cette offre, la jugeant trop punitive au regard de la situation économique du pays.

Parallèlement, Addis-Abeba a obtenu un réaménagement partiel de sa dette bilatérale, sous l’égide du Cadre commun du G20, comprenant un report des échéances mais aucune réduction du capital. Pour le FMI, la conclusion d’un accord global entre créanciers publics et privés demeure une condition préalable à tout programme d’assistance financière élargi. Sans compromis, l’Éthiopie risque de rester confinée dans un défaut prolongé, compromettant sa reprise économique et son accès futur aux marchés.

Malgré les tensions, l’Éthiopie affiche des perspectives de croissance robuste : le gouvernement projette ~ 8,9 % pour l’année fiscale 2025/26, tandis que des estimations plus prudentes (IMF, BAD) situent la croissance entre 6 à 7 %. L’inflation, qui avait dépassé les 30 %, s’est repliée et se situe désormais autour de 13 %, avec des attentes qu’elle redescende à ~ 10 %. Le pays a aussi entrepris des réformes monétaires : en 2024, la Birr a été dévaluée (~ 30 %) afin de libéraliser le marché des changes et répondre à la crise de devises étrangères. Le FMI soutient un programme de réformes de 4 ans (~ 3,4 milliards USD) pour améliorer les déséquilibres, gérer l’inflation et les vulnérabilités des entreprises publiques.

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