L’agence de notation S&P Global Ratings a confirmé, le 10 octobre 2025, la note souveraine du Mozambique à « CCC+/C » pour la dette en devise étrangère, assortie d’une perspective négative, et à « SD/SD » (défaut sélectif) pour la dette en monnaie locale. Cette décision reflète les pressions persistantes sur les finances publiques, les retards de paiement et la fragilité des liquidités du pays.
Selon S&P, le gouvernement mozambicain fait face à une détérioration continue de ses comptes publics, marquée par une hausse des dépenses salariales et une croissance économique atone. Cette situation a conduit à l’accumulation d’arriérés auprès des fournisseurs, ainsi qu’à des retards dans le remboursement de la dette intérieure et extérieure.
Les autorités ont lancé des enchères de conversion de dette domestique pour tenter d’alléger les échéances, mais S&P considère ces opérations comme des défauts implicites, le gouvernement n’étant pas en mesure d’honorer ses engagements de manière intégrale ou dans les délais prévus.
Des retards de paiement et des risques sur la dette extérieure
La situation reste plus critique sur la dette en monnaie locale, où les retards peuvent atteindre plusieurs mois. Si les paiements en devises étrangères continuent d’être assurés, l’agence avertit que de nouveaux retards dans les projets gaziers, un pilier stratégique pour les recettes futures, pourrait affaiblir la capacité du Mozambique à servir sa dette extérieure.
S&P souligne également que le gel du programme avec le FMI depuis avril 2025 prive le pays d’un soutien financier crucial. Malgré des réserves de change estimées à 3,9 milliards de dollars en juillet 2025 et une euro-obligation arrivant à échéance en 2031, la marge de manœuvre du Trésor demeure limitée.
La perspective négative associée à la notation en devise étrangère reflète la possibilité d’un nouveau défaut dans les 12 à 24 prochains mois si la situation budgétaire continue de se dégrader ou si les projets énergétiques subissent de nouveaux retards.
À l’inverse, une amélioration des liquidités, la reprise du programme avec le FMI et la relance des investissements gaziers pourraient permettre une stabilisation, voire une révision à la hausse de la note. Pour la dette domestique, notée « SD », S&P indique qu’un retour à des paiements réguliers permettrait de relever la note à un niveau « CCC ».
Le Mozambique, qui mise sur ses vastes réserves de gaz naturel liquéfié (GNL) pour dynamiser sa croissance et ses finances publiques, reste tributaire de l’évolution de ces projets, plusieurs ayant été ralentis par des tensions sécuritaires dans la province de Cabo Delgado.
En attendant, la montée de la dette intérieure, le retard des paiements du Trésor et les faiblesses structurelles de gestion budgétaire maintiennent le pays dans une situation financière précaire.
