Les banques marocaines enregistrent un renforcement progressif de leur solidité financière, soutenues par une évolution réglementaire alignée sur les standards internationaux. Dans une récente note, Fitch Ratings salue ces avancées, tout en estimant qu’elles ne justifient pas, à ce stade, une revalorisation des Viability Ratings.
Bank Al-Maghrib poursuit la mise en œuvre du SREP (Supervisory Review and Evaluation Process), avec un déploiement complet prévu d’ici 2027. Ce processus impose une meilleure gouvernance des risques et des exigences accrues en capital. Trois banques systémiques, à savoir Attijariwafa bank, Bank of Africa et BCP, doivent désormais respecter un ratio CET1 de 11%, contre 9% auparavant.
À fin juin 2025, le ratio CET1 consolidé moyen atteint 10,9%, contre 10,8% en 2024. Le ratio Tier 1 s’élève à 11,9%, répondant aux exigences réglementaires. Cette amélioration s’appuie sur une hausse de la rentabilité. Selon Ficht Ratings, le résultat net consolidé des sept principales banques a progressé de 20% au S1 2025, porté par la baisse des charges de dépréciation et la hausse des revenus de marché.
Gouvernance et supervision renforcées
Le cadre de supervision marocain devient plus dynamique, incluant des inspections sur site et des mesures incitatives pour le traitement des actifs non performants, comme l’application progressive de pondérations de risque élevées. Les banques marocaines se conforment également aux principaux indicateurs de Bâle III, incluant les ratios LCR, NSFR et effet de levier.
Dans un contexte économique plus favorable, avec une croissance estimée à 4,4% en 2025 et une inflation maîtrisée à 1,7%, le secteur bancaire marocain bénéficie de marges de manœuvre accrues. Toutefois, Fitch alerte sur les défis persistants, notamment en matière de qualité des actifs et de concentration des risques. Un relèvement des notations exigerait des progrès structurels supplémentaires.




