La Banque centrale du Congo (BCC) a annoncé, ce mardi 7 octobre, une décision la réduction de son taux directeur de 25 % à 17,5 %, soit une baisse de 750 points de base. Cette mesure, prise à l’issue d’une réunion du Comité de politique monétaire (CPM), reflète la volonté de la nouvelle équipe dirigée par le gouverneur André Wameso de soutenir la reprise économique et de favoriser l’accès au crédit.
Dans un communiqué officiel, André Wameso précise aussi que la BCC a également abaissé le taux des facilités de prêt marginal, passé de 30 % à 21,5 %, tandis que les coefficients de réserves obligatoires demeurent inchangés : 12 % pour les dépôts à vue et 0 % pour les dépôts à terme en monnaie nationale, contre 13 % et 12 % respectivement pour les dépôts à vue et à terme en devises.
« Le Comité de politique monétaire a opté pour un assouplissement de sa politique monétaire en révisant à la baisse son taux directeur, afin d’encourager le crédit, stimuler l’investissement et renforcer la consommation intérieure », a déclaré le gouverneur.
Cette décision marque un tournant pour la politique monétaire congolaise. En effet, après une longue période de resserrement engagée en août 2023, la BCC affiche ainsi une volonté de trouver un équilibre entre la stabilité financière et la relance de l’économie réelle.
Encourager l’investissement et protéger la monnaie
Cette orientation plus souple est un signal fort envoyé aux banques commerciales, aux opérateurs économiques et aux ménages. En réduisant le coût du financement, la BCC espère dynamiser l’investissement productif, stimuler la demande intérieure et consolider la croissance économique.
Le gouverneur a par ailleurs salué la récente appréciation du franc congolais face au dollar, soulignant le rôle déterminant de la politique monétaire dans cette stabilisation.
« L’appréciation observée sur le marché de change est exclusivement le fruit de la politique monétaire appliquée par la Banque centrale », a affirmé M. Wameso.
Il a rappelé que la dépréciation du franc congolais à la mi-2025 résultait d’un déséquilibre lié au mécanisme de constitution des réserves obligatoires, alors fixées en francs congolais au taux de 1.999 FC pour un dollar. Cette règle avait rendu les réserves insuffisantes pour couvrir les dépôts en devises, générant une surliquidité bancaire et accentuant la pression sur le marché de change.
Face à cette situation, la BCC avait d’abord resserré sa politique monétaire avant d’engager, ces dernières semaines, un processus progressif d’assouplissement, accompagné d’injections ciblées de devises afin de stabiliser le marché.
Selon André Wameso, tous les indicateurs pointent vers une poursuite de l’appréciation du franc congolais dans les mois à venir. Il a également évoqué une réorganisation du marché de change visant à renforcer la transparence et la confiance.
