Le ministre égyptien de l’Investissement et du Commerce extérieur, Hassan El-Khatib, a annoncé, lors d’un forum économique consacré aux perspectives d’investissement et de commerce en Égypte, le mardi 7 octobre, que son pays ambitionne d’augmenter ses flux d’investissements directs étrangers (IDE) de 20 à 30 % d’ici la fin de 2025, afin d’atteindre environ 12 milliards de dollars. Actuellement, les entrées annuelles d’IDE se situent entre 8 et 10 milliards de dollars, mais le gouvernement estime que le contexte économique, malgré les incertitudes mondiales, offre une occasion favorable pour renforcer les investissements étrangers. Cette dynamique repose sur des réformes structurelles accélérées, un climat des affaires plus compétitif et une stabilité macroéconomique accrue.
S’exprimant au Forum EnterpriseAM Égypte, M. El-Khatib a insisté sur la nécessité d’une feuille de route sectorielle claire, visant à attirer 30 milliards de dollars supplémentaires d’investissements d’ici 2030 pour maintenir un rythme de croissance compris entre 6 et 7 %. La transformation numérique constitue l’un des piliers de cette stratégie. Plus de 96 entités gouvernementales, auparavant fragmentées, sont désormais regroupées dans cinq systèmes intégrés pour simplifier les interactions avec les investisseurs. Une plateforme numérique unifiée, lancée en juin, relie déjà 41 institutions publiques et propose plus de 460 services en ligne, facilitant les procédures d’enregistrement, de licences et d’autorisations.
Le gouvernement égyptien poursuit également une politique de diversification de ses partenariats économiques. Le prochain sommet Égypte–Union européenne sera consacré à de nouveaux accords commerciaux et à la localisation industrielle, tandis que la coopération avec la Chine met l’accent sur le transfert de technologies et la production locale. Avec l’appui de la Banque mondiale, l’Égypte a identifié des secteurs prioritaires pour les IDE, notamment le tourisme, les technologies de l’information, les composants automobiles, l’agriculture et le textile, attirant un intérêt croissant de pays comme la Turquie et la Chine. Par ailleurs, le programme de développement de l’industrie automobile a déjà permis d’attirer quatre grands constructeurs, avec l’arrivée imminente d’un nouveau fabricant qui implantera un centre régional dans le pays.
En parallèle, des réformes logistiques et administratives soutiennent cette dynamique. Les délais de dédouanement ont été réduits de 14 à 5,8 jours, avec un objectif de 2 jours d’ici fin 2025, grâce à l’intégration électronique de 27 entités publiques et à une gestion des risques modernisée. Le nouveau modèle opérationnel adopté par le gouvernement double la capacité annuelle de travail à 4 000 heures et introduit des évaluations hebdomadaires pour améliorer la performance des services. Selon M. El-Khatib, ces réformes s’inscrivent dans la vision d’un système économique intégré reliant les secteurs du transport, des services publics et des industries, afin de doubler les exportations en trois ans et de consolider la position de l’Égypte comme pôle régional d’investissement et de commerce.
