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Négociations intenses autour de la recapitalisation d’Oragroup

Selon des informations obtenues par Financial Afrik, aucun dossier de recapitalisation ni de cession n’a encore été officiellement déposé auprès de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ou de la Commission bancaire. « Dans tous les cas, pour ce qui est du relèvement du capital, les filiales introduiront leurs dossiers séparément…

Selon des informations obtenues par Financial Afrik, aucun dossier de recapitalisation ni de cession n’a encore été officiellement déposé auprès de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ou de la Commission bancaire. « Dans tous les cas, pour ce qui est du relèvement du capital, les filiales introduiront leurs dossiers séparément », confie une source interne proche du régulateur, précisant que l’architecture retenue sera éclatée plutôt que consolidée. Cette exigence fait suite à la décision du Conseil des ministres de l’UMOA, le 21 décembre 2023 à Cotonou, de relever le capital minimum des banques de 10 à 20 milliards FCFA, une réforme devant entrer en vigueur au début de l’année et qui oblige chaque établissement à déposer son propre dossier de mise en conformité.
En coulisses, le groupe basé à Lomé, qui fédère une douzaine de filiales régionales, est plongé dans des négociations intenses. Le point d’achoppement reste la valorisation : les actionnaires historiques sur le départ – Emerging Capital Partners (ECP), Proparco et d’autres minoritaires – ont fini par admettre qu’ils devront revoir leurs prétentions à la baisse. Autrement dit, céder leurs parts avec une décote substantielle, loin des valorisations initialement projetées lors de l’introduction en bourse manquée de 2018. Pour rappel, le fonds ECP (Emerging Capital Partners) – actionnaire de contrôle historique d’Oragroup, avait réalisé une sortie partielle en 2019 au profit d’IPS-CGRAE (Côte d’Ivoire), tout en restant au capital ; l’opération avait aussi impliqué des cessions partielles de Proparco, DEG, BIO et BOAD. Suite au rejet du plan de rachat proposé par Vista Group et portant sur 61% du capital et au départ de Vincent Le Guennou de la présidence, le processus semble avoir opté pour d’autres scénarios.


Fragilisé par plusieurs exercices difficiles, Oragroup avait affiché une situation quasi critique il y a deux ans, avec un ratio de fonds propres flirtant dangereusement avec les minima réglementaires. Mais la dynamique s’est légèrement inversée : selon ses états financiers, Oragroup a réalisé un produit net bancaire de près de 170 milliards FCFA au premier semestre 2025, en progression de 12 % sur un an, pour un résultat net consolidé avoisinant 18 milliards FCFA. Un frémissement qui laisse entrevoir une capacité de redressement, à condition que la recapitalisation, évaluée par certaines sources entre 80 et 100 milliards FCFA, se matérialise rapidement.
L’équation reste donc politique autant que financière : préserver l’ancrage régional du groupe, rassurer les régulateurs et convaincre de nouveaux investisseurs de miser sur une banque qui, malgré ses turbulences passées, demeure un acteur systémique du paysage bancaire ouest-africain.

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