L’encours des crédits octroyés par les Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) a enregistré une baisse 2,4% au terme du premier trimestre 2025 comparé au trimestre précédent, selon les données de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) basée à Dakar.
Cet encours s’est établi à 2.628,4 milliards FCFA (4,731 milliards de dollars) contre 2 694,2 milliards FCFA (4,849 milliards de dollars) au quatrième trimestre 2024. « Toutefois, en glissement annuel, il a enregistré une progression de 4,5% », souligne la BCEAO dans une note faisant le point sur la situation de la microfinance dans l’UMOA au 31 mars 2025.
Le repli trimestriel de l’encours des crédits a été observé au Bénin (-38,4 milliards FCFA, -14,0%), au Togo (-20,0 milliards FCFA, -5,2%), en Côte d’Ivoire (-11,3 milliards FCFA, -1,7%), au Mali (-6,5 milliards FCFA, -3,2%), au Burkina (-343,0 millions FCFA, -0,1%) et au Niger (-203,5 millions FCFA, -1,6%). Toutefois, une augmentation de l’encours des crédits est enregistrée au Sénégal (+11,0 milliards FCFA, +1,5%) et en Guinée-Bissau (+860.000 FCFA, +6,2%).
Selon les services de la BCEAO, les crédits accordés par les SFD sont constitués à 47,2% de concours à court terme. Les prêts à moyen et long terme représentent respectivement 33,8% et 19,0% du total de l’encours des crédits à fin mars 2025. « La clientèle masculine des institutions de microfinance a bénéficié de 51,7% des crédits, tandis que les femmes et les groupements ont respectivement reçu 19,6% et 28,7% des concours accordés », souligne l’institut d’émission. Le montant moyen des crédits octroyés par client est ressorti à 133.322 FCFA à fin mars 2025, en baisse par rapport au trimestre précédent (-5,0%), en lien avec le recul de l’encours des crédits. En glissement annuel, une baisse de 2,2% est également notée.
Les données de la BCEAO indiquent que l’encours des crédits octroyés par le secteur de la microfinance au 31 mars 2025 représente 7,1% de celui des établissements de crédit de l’Union, après 7,3% au trimestre précédent.
Concernant la qualité du portefeuille de crédits des SFD, elle s’est détériorée durant la période sous revue, résultant, selon la BCEAO, de l’effet conjugué de la hausse des créances en souffrance (+19,2 milliards FCFA, +8,0%) et de la baisse des crédits (-65,8 milliards FCFA, -2,4%). Le taux brut de dégradation du portefeuille des SFD est ressorti à 9,8% à fin mars 2025, après 8,9% au trimestre précédent, pour une norme maximale de 3,0%. En mars 2024, ce taux était estimé à 7,6%.
« A l’examen des indicateurs d’intermédiation financière, la dynamique de croissance des activités des SFD s’est poursuivie en matière d’ouverture de comptes et de collecte de dépôts » note l’institut d’émission. Cette structure indique toutefois, qu’un recul a été noté au niveau des octrois de crédits par rapport au trimestre précédent, en lien avec l’évolution saisonnière généralement enregistrée en début d’année.
Pour ce qui est de l’encours des dépôts collectés par les institutions de microfinance, les données de la BCEAO s’est accru de 102,0 milliards FCFA, soit une hausse de +4,1% par rapport au trimestre précédent, pour s’établir à 2.560,9 milliards FCFA contre 2 458,9 milliards FCFA. En glissement annuel, une augmentation de 8,7% est notée par la BCEAO. Les données de l’institut d’émission indiquent que la hausse trimestrielle des dépôts est observée dans quasiment tous les pays de l’Union, notamment au Burkina (+24,4 milliards FCFA, +5,2%), en Côte d’Ivoire (+24,3 milliards FCFA, +4,0%), au Togo (+22,9 milliards FCFA, +5,5%), au Bénin (+15,2 milliards FCFA, +7,7%), au Sénégal (+10,0 milliards FCFA, +1,8%), au Mali (+5,2 milliards FCFA, +3,1%) et en Guinée-Bissau (+762.000 FCFA, +3,2%). Toutefois, une baisse est relevée au Niger (-168,6 millions FCFA, -0,6%).
« L’épargne mobilisée par les SFD a été constituée à hauteur de 46,4% par les hommes, 27,2% par les femmes et 26,4% par les groupements », note la BCEAO.
S’agissant de la structure par terme, les dépôts à vue sont prépondérants, avec une part de 57,3%. Les dépôts à terme et les autres dépôts représentent respectivement 22,5% et 20,2%. Le montant moyen des dépôts par client est ressorti à 129.898 FCFA à fin mars 2025, en hausse par rapport au trimestre précédent (+1,4%), reflétant une augmentation relativement plus rapide des dépôts (+4,1%) par rapport au nombre des clients (+2,7%). En glissement annuel, le montant moyen de l’encours des dépôts a également progressé de 1,7%. A fin mars 2025, l’épargne mobilisée par le secteur de la microfinance de l’UMOA représente 5,3% de celle collectée par les établissements de crédit de l’UMOA, après 5,2% au trimestre précédent.
Selon les services de la BCEAO, à fin mars 2025, 10 institutions de microfinance étaient sous administration provisoire, à l’instar du trimestre précédent. Ces structures sont réparties comme suit : 4 au Bénin, 1 au Burkina, 1 en Côte d’Ivoire, 1 au Mali, 2 au Niger et 1 au Togo. Un an plus tôt, le nombre de structures sous administration provisoire s’établissait à 9. « Au total, la dynamique positive de l’évolution des indicateurs d’activités des SFD s’est poursuivie au premier trimestre de l’année 2025 », note la BCEAO estimant toutefois que la gestion du risque de crédit demeure l’un des principaux défis pour consolider les acquis du secteur.
