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Côte d’Ivoire : souveraineté monétaire et adoption de l’Eco au cœur des débats de la CEGCI Academy 2025  

La souveraineté monétaire et l’avenir de l’Eco étaient, entre autres, au cœur des échanges lors de la 13ᵉ édition de la CGECI Academy 2025 tenue ce lundi 29 septembre à Abidjan. Intervenant sur le thème « Contrôler sa monnaie : mythe ou levier stratégique », Demba Moussa Dembélé, directeur du Forum africain des alternatives et…

La souveraineté monétaire et l’avenir de l’Eco étaient, entre autres, au cœur des échanges lors de la 13ᵉ édition de la CGECI Academy 2025 tenue ce lundi 29 septembre à Abidjan. Intervenant sur le thème « Contrôler sa monnaie : mythe ou levier stratégique », Demba Moussa Dembélé, directeur du Forum africain des alternatives et membre du conseil du Forum social africain à Dakar, a insisté sur la nécessité de préserver la souveraineté des États.

« Ce n’est pas parce qu’il y a des problèmes dans la gestion d’une monnaie qu’on doit mettre fin à la souveraineté. Il faut éviter ce narratif », a-t-il martelé, soulignant que la réflexion sur l’adoption de l’Eco, future monnaie commune de la Cédéao, doit se faire avec des leviers favorisant une véritable autonomie économique.

Modéré par Adama Wade, directeur de publication de Financial Afrik, le panel a également mis en lumière les incertitudes entourant cette monnaie unique ouest-africaine en débat depuis quelques années. Pour M. Dembélé, la question de la fixité ou de la flexibilité du régime de change reste ouverte. Il a relevé que des discussions en coulisses évoquent une éventuelle exclusion du Nigeria du projet, le pays le plus peuplé de la région refusant qu’une nouvelle monnaie soit arrimée à une devise étrangère. Une position qui traduit les tensions stratégiques autour de la gouvernance monétaire en Afrique de l’Ouest.

Achille Ekeu, président et CEO de The Washington Valuation Group, a pour sa part mis l’accent sur la pertinence d’une monnaie stable mais utile. Une stabilité monétaire qui ne profite pas aux populations perd sa raison d’être, a-t-il dit. Plaidant pour une flexibilité qui permette de mieux contrôler l’économie et de répondre aux besoins de développement. En ce sens, il rejoint l’idée que la souveraineté monétaire doit se traduire par des instruments pratiques au service du progrès.

Poursuivant son analyse, M. Ekeu a rappelé l’importance d’une injection massive de liquidités dans les économies nationales pour éviter les déséquilibres. Revenant sur la dévaluation de 1994, il a souligné que la faiblesse de la masse monétaire avait accentué la crise, et que la BCEAO tente depuis d’y remédier via le refinancement des banques commerciales. Toutefois, selon lui, le fait que ces décisions nécessitent l’accord de la France pose encore la question de la souveraineté réelle des pays de l’UEMOA.

Ces débats démontrent que le chemin vers une monnaie régionale autonome, au service du développement endogène, reste semé de défis à la fois économiques et politique.

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