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Oragroup dans le vert mais toujours convalescent

Le premier semestre 2025 marque un point d’inflexion pour Oragroup, maison mère de la banque éponyme. Sur la base des états financiers en normes SYSCOHADA (ex-PCB), le groupe bancaire basé à Lomé enregistre un bénéfice net de 18,3 milliards FCFA, contre une perte de 11,7 milliards un an plus tôt, soit une amélioration spectaculaire de…

Le premier semestre 2025 marque un point d’inflexion pour Oragroup, maison mère de la banque éponyme. Sur la base des états financiers en normes SYSCOHADA (ex-PCB), le groupe bancaire basé à Lomé enregistre un bénéfice net de 18,3 milliards FCFA, contre une perte de 11,7 milliards un an plus tôt, soit une amélioration spectaculaire de +231,9 %. Le Produit Net Bancaire recule légèrement à 99,75 milliards (-2,28 %), mais la chute du coût du risque – passé de 23,78 à 3,7 milliards – et la baisse de 19 % des charges ont mécaniquement dopé le résultat.

Cette spectaculaire amélioration traduit davantage une respiration comptable qu’un véritable redressement structurel. L’effet de rattrapage est accentué par le contraste avec les comptes consolidés IFRS, qui affichaient encore en 2024 une perte colossale de -44 milliards FCFA. L’écart souligne la différence entre la photographie en normes locales SYSCOHADA et la vision consolidée IFRS, plus représentative de la santé globale du groupe. En clair, Oragroup a corrigé une situation dégradée, mais la fragilité du modèle reste intacte.

Au niveau du bilan, les crédits à la clientèle chutent de 16,1 %, signe d’une stratégie défensive qui bride l’activité de base. Les dépôts stagnent à 3 004 milliards FCFA, confirmant la fidélité des clients mais aussi l’incapacité à élargir la base. Oragroup a choisi d’assainir plutôt que conquérir, une posture qui rassure à court terme mais interroge sur la capacité à renouer avec une croissance durable dans des marchés bancaires africains de plus en plus disputés.

En Bourse, l’action Oragroup cote 1 940 FCFA au 22 septembre 2025, proche de son plus haut de l’année, mais très loin de ses sommets historiques au-delà de 4 000 FCFA. Après un gain symbolique de +1 % depuis janvier et +4,9 % en glissement annuel, le titre reste laminé sur le moyen terme (-47 % en trois ans, -51 % en cinq ans). Les investisseurs long terme peuvent y déceler un potentiel de revalorisation, mais il faudra plus qu’une embellie comptable pour restaurer la confiance et convaincre que la convalescence est derrière.


Encadré technique

SYSCOHADA vs IFRS : deux réalités comptables

  • SYSCOHADA (ex-PCB) : Référentiel comptable utilisé dans l’UEMOA et la CEMAC, appliqué aux comptes sociaux des banques et filiales. Il donne une vision locale, plus axée sur la régularité juridique et fiscale que sur la transparence internationale. Les résultats semestriels 2025 d’Oragroup (+18,3 Mds FCFA) sont établis selon ce référentiel.
  • IFRS (International Financial Reporting Standards) : Normes comptables internationales appliquées aux comptes consolidés d’Oragroup SA, cotée à la BRVM. Elles intègrent une vision groupe, avec des exigences accrues de provisionnement, de consolidation et de juste valeur. En IFRS, Oragroup a affiché une perte de -44 Mds FCFA en 2024, un chiffre plus sévère mais jugé plus représentatif de sa situation globale.
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